Le dit "Grand Frère" Frédéric Dumesnil n'obtient qu'un droit d'accès aux soins, du juge des référés

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Tribunal administratif de Basse-Terre
Tribunal administratif de Basse-Terre ©Mickaël Bastide
"Bwana", l'un des sept "Grands frères" inquiétés dans l'affaire liée aux violences urbaines de fin 2021, en Guadeloupe, souhaite que cesse sa mise à l'isolement et bénéficier de conditions d'incarcération dignes. Ce vendredi, pour seule réponse à sa requête, le juge des référés enjoint la direction de la prison de Baie-Mahault de lui permettre l'accès aux soins.

Frédéric Dumesnil, dit "Bwana", n’a qu’en partie obtenu gain de cause, aujourd’hui.

Le référé liberté* introduit par son avocate, Maître Gladys Démocrite, a été examinée dans la matinée de ce vendredi 25 mars 2022, par le tribunal administratif de Basse-Terre, saisi en référé.  

Des conditions indignes d’incarcération non reconnues  

Le juge des référés, dans sa décision, enjoint au directeur du centre pénitentiaire de Baie-Mahault de permettre, sans délai, au prévenu, l’accès aux soins et aux rendez-vous médicaux qu’il réclame.

En revanche, les autres requêtes de Frédéric Dumesnil ont été rejetées.  

La procédure du jour portait notamment sur ses conditions d’incarcération, que l’intéressé juge indignes, voire déshumanisantes.  

« Bwana » réclamait la suspension de son placement au service médico-psychologique régional (SMPR) du centre pénitentiaire de Baie-Mahault et de sa mise à l’isolement.
L’homme a en effet longtemps été maintenu confiné dans ce pavillon psychiatrique, où sont isolés également des patients Covid, alors qu’il ne présentait aucune pathologie, selon son conseil. Depuis, il est laissé en isolement. Et, sur ce point, le juge des référés n’apporte aucune réponse.  

Par ailleurs, Frédéric Dumesnil souhaitait avoir accès à son dossier médical. 

Il réclamait aussi, en vain au regard de la décision du jour, la condamnation de l’Etat, à la lui verser la somme de 3000 euros, au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.  

Des conditions d’incarcération que les avocats ne s’expliquent pas  

Pour rappel, Frédéric Dumesnil a été placé en détention provisoire, mi-janvier 2022.
Il est poursuivi, ainsi que 7 autres personnes dont un fonctionnaire de police, pour de présumés "crimes et délits en bande organisée", suite aux violences urbaines commises en marge des manifestations sociales anti-obligation vaccinale, entre novembre et décembre 2021.

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Les avocats de la défense dénoncent un dossier vide et un procès politique, quant à cette affaire dite des « Grands Frères » ; selon eux, on veut faire passer leurs clients pour des gangsters.  

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Maître Gladys Démocrite estime que la justice veut casser les hommes incriminés dans cette affaire :    

Maître Gladys Démocrite, avocate de Frédéric Dumesnil ©Mickaël Bastide et Rémi Defrance - Guadeloupe La 1ère

*Le référé liberté permet de demander au juge de prendre en urgence une mesure nécessaire à la sauvegarde d'une (des) liberté(s) fondamentale(s), si l'administration y porte atteinte de manière grave et illégale.