Le retour en classe perturbé par les problèmes d’alimentation en eau des établissements

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Le groupe scolaire "Pierre Mathieu" de Convenance, à Baie-Mahault, fait partie des établissements impactés par la pénurie d'eau.
Le groupe scolaire "Pierre Mathieu" de Convenance, à Baie-Mahault, fait partie des établissements impactés par la pénurie d'eau. ©Daniel Querin
Des écoles de Guadeloupe sont fermées depuis une semaine, d’autres ouvrent le matin, puis ferment l’après-midi et, par endroit, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. La faute à la distribution de l’eau potable fluctuante, qui nuit à la continuité pédagogique des élèves de l’archipel.

Durant la visite en Guadeloupe du ministre délégué en charge des Outre-mer, Jean-François Carenco et l’ensemble des élus locaux se sont accordés à dire que le retour des enfants sur les bancs des écoles faisait partie des priorités. 

Mais le fait est qu’une semaine après le passage sur l’archipel du cyclone Fiona, la distribution de l’eau potable est fluctuante, dans plusieurs communes du territoire, voire d'une section à l'autre.

Pas d’eau, pas d’hygiène

Les responsables des établissements scolaires de l’archipel s’adaptent au jour le jour, soumis à l’obligation d’accueillir les élèves dans des conditions d’hygiène irréprochables.
Quand l’eau manque, que les équipements et locaux n’ont pas pu être nettoyés et que les sanitaires sont inaccessibles, la fermeture est inévitable, à moins que le site soit équipé d’une ou plusieurs citerne(s) en état de fonctionnement.

Durant la semaine, nombre élèves et leurs parents ne savaient pas sur quel pied danser.

Exemples d’établissements dont le fonctionnement a été perturbé

L’école de la Rosière, à Lamentin, a dû renvoyer les enfants, jeudi après-midi, à cause d’une coupure d’eau.

A Baie-Mahault, le groupe scolaire "Pierre Mathieu" de Convenance est resté portes closes ce vendredi, "en raison des perturbations dans la distribution de l’eau", a écrit le maire Hélène Polifonte, dans un communiqué.

A Petit-Bourg aussi, la situation varie d’une école à l’autre : la maternelle de Pointe à Bacchus est restée fermée jeudi, tandis que les parents des élèves de l’école élémentaire Mixte 3 "Hyacinthe Gériac" ont été priés de venir récupérer leurs enfants en mi-journée.

A Sainte-Rose, les écoles primaires et maternelles de Cadet, Bis et de La Boucan n’ont pas accueilli les enfants, hier. "Le problème technique de l’usine de traitement d‘eau de Cacao n’est toujours pas réglé", a signalé le maire, Adrien Baron.

Autre exemple : de toute la semaine, les cours n’ont été assurés, au collège "Félix Eboué" de Petit-Bourg, que jeudi matin et ce vendredi. Après le repas du midi, hier, les collégiens ont été renvoyés chez eux.
Pourtant trois cuves sont supposées permettre de faire face à cette problématique, sur place. Mais elles s’avèrent insuffisantes pour répondre aux besoins des 923 élèves et des quelques 130 personnels, ainsi que des logements de fonction.

Citernes du Collèges "Félix Eboué" de Petit-Bourg
Citernes du Collèges "Félix Eboué" de Petit-Bourg ©Daniel Quérin

Le principal Jacques Rémus déclare gérer au mieux. Il dit avoir "pris le risque" de rouvrir ce vendredi :

On fonctionne avec les réserves de l’établissement, parce que l’eau courante n’arrive pas au collège « Félix Eboué », pour ce vendredi 23 septembre 2022. Il faut qu’on ait de l’eau, c’est la condition sine qua non. J’ai appelé le Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de Guadeloupe (SMGEAG), qui n’est pas en mesure de me dire si le collège sera alimenté en eau, ou pas.

Jacques Rémus, principal du collège « Félix Eboué » de Petit-Bourg
Jacques Rémus, principal du collège "Félix Eboué" de Petit-Bourg
Jacques Rémus, principal du collège "Félix Eboué" de Petit-Bourg ©Daniel Querin

La situation reste encore très sensible, un peu partout en Guadeloupe.

Et, pour rappel, avant le passage de Fiona, les problèmes d’alimentation en eau des écoles étaient déjà responsables de fermetures d’écoles, périodiquement.