Les ventes de Virapic affolent déjà les compteurs

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©AFP/Venance

Après l’annonce du Dr Henri Joseph sur le pouvoir inhibiteur d’un extrait de l’herbe à pic sur les virus à ARN dont le COVID-19, les pharmacies de l’île ont été littéralement prises d’assaut. Beaucoup d’enseignes sont en rupture de stock.

Il n’aura fallu que deux heures à certaines pharmacies pour crouler sous la demande du médicament phare du laboratoire Phytobôkaz. Tout de suite après la sortie médiatique retentissante du docteur Henri Joseph, les premiers acheteurs se sont présentés dans les officines, à la grande surprise des pharmaciens encore dans l’ignorance des annonces faites à Basse-Terre.

Les clients nous ont sauté dessus. Ils nous ont posé des questions, auxquelles nous ne pouvions pas encore répondre et les ventes ont commencé à s’affoler avec 2 voire 3 flacons par client. 

Olivier Berry, pharmacien à Sainte-Rose

 

Dans un premier temps, cet engouement n’a pas forcément alerté les professionnels. Le Virapic est un médicament qui se vend bien surtout pendant des épidémies de grippe ou de dengue.

Un mois en deux heures

Toutefois, vers 15 heures, les choses se sont emballées.

« Je n’avais pas fait attention à mon téléphone, qui par ailleurs était plein de messages et d’appels,  mais nous avons clairement senti la différence. Entre 15h et 20h nous avons écoulé une quinzaine de flacons, alors que nous avons une consommation mensuelle moyenne de 30 flacons. »

Responsable de la pharmacie Éboué - Petit-Bourg

Or, ce matin à 11 heures, cinquante flacons sont déjà partis. Même constat du côté de la pharmacienne Ingrid Lefort au Lamentin et de François Foucan aux Abymes. Les deux professionnels ont été en rupture de stock dès la fermeture de leur officine et ont dû repasser commande. « Les gens nous demandent d’en mettre de côté par 10 flacons, quand ils en trouvent ils prennent par cinq. L’augmentation des ventes est claire pour nous. » Une situation qui rappelle un peu le mois de mars 2020. En effet, dès l’annonce du confinement certains professionnels avaient vu leurs ventes augmenter jusqu’à 150 flacons par mois.

Certains fournisseurs et grossistes eux aussi, ont subi l'emballement subit de la demande du Virapic. Ainsi, pour tenter de gérer la demande, certains pharmaciens ont entrepris de rationner les stocks en refusant de vendre plus de deux flacons par client.

Un peu plus d’explications

Par ailleurs, les pharmaciens regrettent de ne pas avoir plus d’informations sur la découverte de Phytobôkaz. Beaucoup de clients, en plus d’acheter le Virapic, demandent comment fonctionne exactement l'herbe à pic sur le virus. « Nous manquons encore de renseignements pour expliquer les choses aux clients. Nous savons que l’étude est en cours, mais nous sommes avant tout des scientifiques et nous avons besoin d’éléments tangibles pour dispenser de vrais conseils aux gens. On sait que le Virapic est un anti-viral et un stimulant immunitaire, mais sur la découverte précisément, on espère avoir rapidement plus d’informations. » recadre Olivier Berry.

De plus, le syndicat des pharmaciens de Guadeloupe souhaite rappeler la posologie du Virapic. Le sirop n’est pas à prendre en intraveineuse, mais une cuillerée à café matin et soir est conseillée par le laboratoire.

 

Interview de Jean-Claude Gbenou, généraliste et président de l'ADGUP

 

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