Libération et placement sous contrôle judiciaire de Samuel Crail, l'un des dits "Grands frères"

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Prison baie-mahault
©Christian Danquin
Mis en examen et écroué depuis fin janvier avec 6 autres personnes et un fonctionnaire de police, Samuel Crail, l'un des dits "Grands frères", a été libéré, ce mardi 2 août, pour raisons médicales, et placé sous contrôle judiciaire.

Le 21 janvier 2022, 8 personnes étaient mises en examen, après 96 heures de garde-à-vue, notamment du chef d'"association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes et délits en bande organisées". Parmi elles, un fonctionnaire de police et 7 hommes considérés par beaucoup comme des "Grands frères" auprès de la jeunesse locale.

De graves accusations dans le cadre de l'enquête en cours

Les huit hommes sont poursuivis pour des faits commis lors des émeutes urbaines, entre novembre et décembre derniers et, notamment, durant la nuit du 26 au 27 novembre, à Pointe-à-Pitre. Cette nuit-là, des policiers avaient essuyé des tirs à balles réelles, dans plusieurs quartiers de l'agglomération de Pointe-à-Pitre, lors d'une série d'émeutes et de pillages par des gangs locaux, en marge du mouvement de grève contre l'obligation vaccinale. 

Patrick Desjardins, procureur de la République de Pointe-à-Pitre, indiquait alors que les violences étaient "parfaitement planifiées et organisées"

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Plusieurs d'entre eux avaient été écroués, dont Samuel Crail.

Libération sous conditions

Samuel Crail aura passé plus de 6 mois de détention provisoire, période durant laquelle le quadragénaire aura observé une grève de la faim de 42 jours, jusqu'à perdre 25 kilos, selon l'un de ses avocats, Maître Ellen Bessis.

Samuel Crail, l'un des "Grands frères" poursuivis par la justice suite aux émeutes de novembre/décembre 2021.
Samuel Crail, l'un des "Grands frères" poursuivis par la justice suite aux émeutes de novembre/décembre 2021. ©Me Ellen Bessis

C'est donc pour raisons médicales que l'homme a été remis en liberté et sous contrôle judiciaire, mardi 2 août 2022, a indiqué Me Bessis

Maître Ellen Bessis, avocate de Samuel Crail ©Olivier Duflo - Guadeloupe la 1ère

Samuel Crail a été soumis à une expertise médicale diligentée par le juge d'instruction de la Cour d'appel de Fort-de-France, en charge de l'enquête. Il en résultait que son état nécessitait "une surveillance médicale accrue". L'expert avait alors recommandé "une orientation dans un centre pénitentiaire possédant un service médical adapté à cette surveillance médicale". 

Au final, le mis en cause n'a pas été placé dans un établissement spécialisé.
Sa demande de libération a été acceptée... mais sous conditions : 

  • ne pas sortir des limites territoriales de la Guadeloupe
  • ne pas participer à des manifestations sur la voie publique
  • se présenter une fois par semaine, au jour convenu avec l'unité, à la brigade de gendarmerie de Petit-Bourg, son lieu de résidence
  • s'abstenir ou de recevoir certaines personnes listées : les "Grands frères" et d'autres noms cités
  • ne pas détenir ou porter une arme

Toute violation de ces obligations et interdictions pourrait signifier son retour en détention provisoire.

Samuel Crail clame toujours son innocence

Maître Bessis a tenu une conférence de presse, ce mercredi 3 août, au lendemain de la sortie de prison de son client.

Ces 42 jours de grève de la faim c’était pour dire et clamer, à la face du monde, qu’il n’était pas impliqué dans ce dossier et qu’on essayait de l’impliquer alors qu’il n’y avait pas d’élément probant.

Maître Ellen Bessis

L'avocate rejette les accusations portées contre Samuel Crail et affirme que son client n'a pu prendre part aux faits qui lui sont reprochés, dans la mesure où, à cette époque, il travaillait et même cumulait plusieurs emplois :

Maître Ellen Bessis, avocate de Samuel Crail ©Olivier Duflo - Guadeloupe la 1ère

En attendant de nouvelles avancées de l'enquête, Samuel Crail peut donc désormais vivre à son domicile de Petit-Bourg, avec sa concubine et deux de ses 10 enfants "reconnus", dont un nouveau né, venu au monde durant son incarcération.

En cas de convocation de la justice, il répondra présent, certifie Me Bessis.