Marie-Galante achève une toute petite campagne sucrière

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Charriot canne devant usine Grande-Anse
©J. Champion
A peine 43 000 tonnes de cannes ont été livrées cette année à la sucrerie de Grande-Anse. Un record à la baisse qui s’explique par la sécheresse et l’état des parcelles non récoltées en 2021. Ce fut aussi une campagne de rodage pour la chaudière de l’usine.

La campagne sucrière 2022 est terminée à Marie-Galante… L’usine de Grande-Anse a reçu ce mercredi matin 22 juin les derniers charriots de cannes, et va liquider sa fabrication de sucre d’ici la fin de la semaine.

On s’attendait certes à une très petite récolte (56 000 tonnes, selon les prévisions initiales). Le volume final est bien en-deçà : 42 642 tonnes de cannes broyées par la sucrerie. Jamais Marie-Galante n’aura connu une récolte aussi maigre, hormis les 29 000 tonnes de l’an dernier, rescapées après l’arrêt brutal de l’usine, provoqué par un incident majeur sur la chaudière.

Effets d’une sécheresse qui dure

Le manque d’eau persistant a continué à faire chuter les rendements, y compris pour les cannes restées debout en 2021. Des cannes de deux ans qui se sont desséchées, au point que certains planteurs ont renoncé à les couper cette année. Ils auraient dépensé plus qu’ils n’auraient gagné. Beaucoup de parcelles devront ainsi être détruites et replantées… Le manque de pluies a en revanche favorisé la teneur en sucre des cannes : la richesse saccharine affiche un taux moyen cumulé de 9,64%. Vu le faible tonnage, la récolte, qui avait démarré le 31 mars, aurait dû se terminer en mai. Mais l’état des parcelles a compliqué la coupe, et la faible densité des cannes a ralenti le remplissage des chariots et l’activité des transporteurs.

Une usine au ralenti

La réalité, c’est que cette petite cadence a collé au rythme de la sucrerie, qui n’aurait pas pu absorber plus de cannes quotidiennement. Car la chaudière, remise à neuf, et installée quelques semaines avant le lancement de la campagne, a été mal réglée, ce qui a entraîné de nombreux petits arrêts intempestifs. La capacité de broyage s’est trouvée ainsi réduite à moins de 700 tonnes par jour, au lieu des 1 000 à 1 200 tonnes escomptées.

« La chaudière nous a donné du fil à retordre ! Tout n’était pas bien calé au départ. Il a donc fallu ajuster en cours de campagne. Il y aura des réglages à modifier, pour que cette chaudière puisse fonctionner selon sa pleine capacité ».

Stéphane Deniaud, directeur général de la SRMG

 

130 000 tonnes de cannes d’ici 2027

Des travaux en ce sens sont donc prévus pendant l’intercampagne. La direction de la Sucrerie Rhumerie de Marie-Galante estime toutefois avoir tenu son pari pour 2022 : refaire fonctionner l’usine pour transformer toute la canne sur l’île et confirmer ainsi que l’option d’un transfert des cannes vers l’usine Gardel au Moule n’aura été qu’une parenthèse.

Place maintenant au plan de modernisation de l’outil, finalisé fin avril, pour les cinq ans à venir. Il ne va pas sans le Plan de relance de la production cannière, que prépare la SICAMA, coopérative des planteurs de l’île. Objectif affiché : atteindre 130 000 tonnes d’ici 2027, pour le sucre, auxquelles il faut ajouter 20 000 tonnes pour les trois distilleries agricoles de l’île.

Sous l’égide de la préfète Chantal Ambroise

Une première ébauche de ce plan a été présentée le 15 juin, lors de la deuxième réunion du Comité technique sur le développement de la filière canne à Marie-Galante. L’instance, qui regroupe tous les acteurs et partenaires de la filière (SRMG, SICAMA, syndicats agricoles, Etat, Région, Département et Communauté des communes) se réunira à nouveau le 20 juillet. Elle a été mise en place par Chantal Ambroise, la préfète nommée en mai pour l’élaboration d’un projet de territoire à Marie-Galante.

 

 

 

Encore quelques semaines de campagne pour Gardel

A la date du 20 juin, fin de la 6ème quatorzaine, la sucrerie Gardel avait broyé un peu plus de 280 000 tonnes de cannes, soit 62% des 455 000 tonnes prévues avant le lancement de la campagne, le 25 mars. Mais là aussi, en raison des baisses de rendement dues à la sécheresse, les commissions mixtes des bassins canniers de Basse-Terre et de Grande-Terre revoient à la baisse leurs prévisions et le reste à couper… En fonction des nouvelles données, une date de fin de récolte sera décidée. Elle pourrait tourner autour de la mi-juillet…