Marie-Luce Penchard, maire de Basse-Terre, s'abstiendra lors de l'élection du président de la CAGSC

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Basse-Terre fait entendre sa différence au sein de la CAGSC
Les élus communautaires de Grand Sud Caraïbes se réuniront demain pour porter l'un d'entre eux à la tête de la communauté. D'ores et déjà on sait que Joël Beaugendre recueille les faveurs de la majorité du conseil. Tous, sauf Marie-Luce Penchard et les elus de sa municipalité qui s'abstiendront
L'annonce de cette décision d'abstention ne manquera pas de surprendre tous les observateurs de la vie politique guadeloupéenne. Il y a une semaine, la majorité des élus communautaires, à laquelle Marie-Luce Penchard appartient, affichait sa grande unanimité pour confier à Joël Beaugendre la succession de Lucette Michaux-Chevry à la tête de la Communauté d'agglomération.
Tous sauf Marie-Luce Penchard et les élus du Chef-Lieu finalement. Une position que le maire de Basse-Terre explique sans ambages
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Une position qui montre, en tout cas, la volonté de Marie-Luce Penchard de prendre de la distance avec la machine mise en place par sa mère et qui avait toujours fonctionné, les yeux fermés, contre vents et marées. 
Cette fois, les clameurs venues de toutes parts, y compris d'ailleurs de la presse nationale, mais surtout sur les réseaux sociaux, si elles ont laissé de marbre la majorité des élus communautaires, rivés dans leur position de soutien à Joël Beaugendre, elles ne pouvaient pas laisser Marie-Luce Penchard insensible.

Des épisodes judiciaires déterminents

Sa garde à vue le mois dernier avec sa mère et son fils l'avait particulièrement touchée. Alors même que sa mère tentait de réagir en quittant le Morne Vergain, Marie-Luce Penchard, elle, s'était faite discrète. A ce moment-là, il n'y a pas que la stature politique qui prime, il y a surtout celle d'une mère qui accuse le coup devant la garde à vue de son fils qui n'a aucun engagement en politique.
C'est probablement cet aspect des choses qui a tout ébranlé par la suite. Alors même que, ce jour-là, au sortir de sa garde à vue et malgré une autre convocation judiciaire immédiatement après, Lucette Michaux-Chevry garde la tête haute. Mais quelques jours plus tard, elle finit par jeter l'éponge. Celle qui aura tout supporté durant sa longue carrière politique, donner autant de coups qu'elle en aura reçus, cette fois a un genou plié à terre et annonce son retrait définitif de la vie politique.
Dans la balance, non point un ou des mandats politiques, pas même les risques judiciaires, mais probablement et surtout, l'implication de son petit-fils dans cette affaire. 
En ont-ils parlé en famille ? Probablement. Mais la grand-mère et la mère sont en repli cette fois. 

Une nécessité de se distinguer par rapport à sa mère


Si elle affirme ne pas tourner le dos à sa famille politique, de fait, la position d'abstention de Marie-Luce Penchard lui permet, symboliquement, de ne peser aucunement sur un vote de toutes les manières acquis à son camp. Mais il a une autre valeur qu'il faut savoir lire entre les lignes. Dans ce contexte familial bouleversé, l'élue de Basse-Terre envoie un signal, non plus seulement à ses électeurs mais d'abord à sa famille, montrant que, pour elle, le jeu politique ne vaut pas la chandelle qu'elle, et surtout ses enfants, sont en train de payer. Mais un tel redressement d'image risque d'être long. L'élection à la présidence de la CAGSC n'est peut-être que la première marche de l'escalade d'une falaise escarpée.

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