Messes, assemblées, mariages, pèlerinages… Emmanuel Macron préfère différer la reprise des activités cultuelles

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Cathédrale de Basse-Terre
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Le déconfinement tel qu'il est prévu aujourd'hui ne prévoit pas la reprise des activités des différents cultes, en tout cas, pour ce qui est de la tenue de leurs  assemblées. Pour autant, des discussions sont en cours avec le gouvernement pour envisager des solutions admissibles par tous

 
C'est le Président de la République lui-même qui a lancé cette réflexion. Ce mardi, il a tenu à s'entretenir avec les six responsables des religions en France ainsi que ceux des grandes obédiences maçonniques (Voir ci-dessous la liste des participants). C'était lors d’une visioconférence qu'il avait organisée. Emmanuel Macron est resté particulièrement prudent quant à une réouverture plus large des lieux de culte avant début juin.
Un entretien auquel participait le philosophe et membre du Conseil consultatif national d’éthique, Frédéric Worms, et au cours duquel il a souligné à quel point les religions participaient à la santé publique, par la solidarité sociale (les nombreuses actions concrètes) mais également par le soutien spirituel.
Les évêques pour leur part ont rappelé au Président les propositions qu'ils ont faites au Premier Ministre pour une reprise des cultes dès le17 mai. 
Mais le Président de la République préfère repousser une telle reprise à la fin du mois de juin et n'autorisera aucun grand rassemblement cultuel durant les mois de juillet et août. 
Il n'exclut pas cependant de revoir ses interlocuteurs très prochainement et, d'ores et déjà, il les a invités à réfléchir à une autre voie, une autre façon de vivre et d’envisager le futur.

Les propositions des évêques au gouvernement 


En vue d'un déconfinement réfléchi, les évêques ont proposé au gouvernement un plan en quatre points. Il prévoit :

1- Définition d'un taux de remplissage des églises :
La Conférence des évêques de France (CEF) proposent que soit décidé d’un « taux de remplissage » dans les églises plutôt qu’un nombre fixe de personnes pouvant assister aux offices. Pour le père Thierry Magnin, secrétaire général de la CEF. « Une église qui accueille habituellement 1.000 paroissiens pourrait ainsi en accueillir 300, si le taux décidé est d’un tiers … »

- 2 Des paroissiens masqués et la communion à la main 

Pour le le père Magnin :

« Si les consignes nationales de déconfinement imposent le port du masque pour tous les Français, ce sera le cas bien évidemment pour entrer dans nos églises », analyse le père Magnin.

Enfin, s'agissant de la communion, s'il est exclut qu'elle se fasse directement à la bouche, une réflexion est en court pour savoir s'il faut « Se laver les mains avant et après ? La présenter d’une autre façon ? »,

-3 La reprise de mariages et des baptêmes mais de manière plus "confinée"

Les évêques de France proposent ainsi que les mariages, baptêmes et autres sacrements soient à nouveau autorisés mais uniquement en présence de la famille et des amis vivant dans la même région que celle où la célébration aura lieu.

- 4 Les pélerinages

Les Catholiques Guadeloupéens très attachés au pélerinage à l'extrieur, Lourde, Fatima, Mezogorge, etc... devront y renoncer. Pour le P. Thierry Magnin

« Mais rien n’empêcherait les diocèses d’organiser des pèlerinages localement, dans le département ou la région. Mais ils ne seront sans doute pas possibles dans d’autres régions

La précision donnée par le Président de la République s'oppose d'ores et déjà à cette perspective puisqu'il ne souhaite aucun grand rassemblement durant les mois qui viennent.
Pour sa part, le Chef du gouvernement a promis aux évêques une réponse dans les tous prochains jours.
Ce qui n'a pas empêché les évêques de France, réunis en Assemblée Plénièree par Vision Conférence le vendredi 24 avril, de préciser que :

Les évêques de France redisent combien il leur semble essentiel que la vie ecclésiale puisse retrouver son caractère pleinement communautaire au même rythme que la vie scolaire, sociale et économique de notre pays à partir du 11 mai 2020.

Jean-Yves Riocreux et Thierry Saint Clair
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Des perspectives que l'évêque de Guadeloupe accueille. D'ores et déjà, il essaie de les traduire pour l'activité de son diocèse et continuer d'agir au mieux. Ce dimanche, il compte bien organiser une bénédiction solennelle de l'Archipel guadeloupéen. Pour ce qui est de la messe Chrismale qui n'a pas pu se tenir durant la Semaine Sainte, il pourrait la célébrer à la Pentecôte. Et en attendant, il s'attache à la formation des cinq séminaristes de la Guadeloupe qui ont dû quitter leur séminaire en raison du confinement général. Leur formation se poursuit à l'évêché. Une manière de dire que pendant la crise du Coronavirus, l'Eglise continue de vivre et de se préparer pour l'après confinement.Participaient à cette visio-conférence : le président de la Conférence des évêques de France Éric de Moulins-Beaufort, le grand rabbin de France Haïm Korsia, le président de la Fédération protestante de France François Clavairoly, le président du Conseil français du culte musulman Mohammed Moussaoui, le co-président de l’Union des Bouddhistes de France Olivier Reigen Wang-Genh, le métropolite orthodoxe Emmanuel Adamakis, ainsi que les responsables des grandes obédiences maçonniques.