Obligation vaccinale : réouverture sous tension du centre "Les Airelles" accueillant des enfants polyhandicapés

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Réouverture centre Les Airelles accueil enfants polyhandicapés, obligation vaccinale
Une rencontre entre la direction du centre "Les airelles" et les parents sous tension. Face à eux, les salariés grévistes et des gendarmes. ©Olivier Duflo
Le retour des enfants polyhandicapés à leur centre d’accueil des Airelles à Baie-Mahault se révèle difficile. Cela fait 5 mois que l’accès de la structure n’est pas possible en raison de la mobilisation de l’UTAS-UGTG contre la loi sur l’obligation vaccinale. La direction du centre organisait ce matin une réunion avec les parents pour discuter des modalités de reprise. C’est sous l’escorte des gendarmes qu’ils ont pu accéder à l'établissement.

Situation compliquée devant le centre "Les Airelles" ce lundi 4 avril. C'est le seul centre de soins accueillant des enfants polyhandicapés sur le territoire. 

Ce matin, la directrice avait souhaité rencontrer les parents afin de parler du retour sur site. Le centre était bloqué depuis un peu plus de 5 mois par des personnels opposés à l'obligation vaccinale des soignants.
9 salariés ont été suspendus, deux ont choisi d'accepter le dispositif de reconversion mis en place par les autorités. 

Des solutions temporaires pour le suivi des enfants polyhandicapés

Pour assurer ces dernières semaines les soins des enfants atteints d’un handicap important combinant des déficiences mentales et motrices sévères, ainsi que, parfois, certains troubles autistiques, des visites à domicile avaient été mises en place. La mairie de Baie-Mahault avait également mis à disposition de l'équipe une salle afin d'y recevoir enfants et familles. 
Des solutions temporaires qui ont pris fin ce matin.

Des parents inquiets

D'où cette rencontre sous tension. Une mère de famille ayant indiqué avoir été empêchée d'accéder à l'établissement par des grévistes, les gendarmes ont été dépêchés sur place. 

C'est donc sous l'œil des forces de l'ordre que parents, enfants et salariés ont pu pénétrer dans l'enceinte de l'établissement. 

Parmi eux, Rosy Sophiyair, maman de Rilcy, 12 ans. Elle attendait ce retour de son fils aux Airelles. Mettant en avant le cadre médical, elle avoue également avoir besoin d'aide. S'occuper d'un enfant "lourdement handicapé", quand on travaille, n'est pas toujours évident, explique-t-elle. 
Si elle précise ne pas être contre la grève, elle n'accepte pas les injures et la bousculade dont elle dit avoir été victime de la part des grévistes. Elle a également indiqué avoir l'intention de porter plainte, si cela devait se reproduire.

Je ne permettrai pas que l'on bouscule mon enfant handicapé.

Rosy Sophiyair, mère de Rilcy

Le retour à l'école, le souhait de la direction

De son côté, la direction tente de rassurer. Cette réouverture s'est jouée au tribunal. Désormais, Annabelle Voudou, la directrice souhaite retrouver une activité quasi normale. En raison de la suspension des personnels opposés à l'obligation vaccinale, le centre devra réduire le nombre d'enfants accueillis, mais pour elle, le plus important est qu'ils aient un suivi adapté. 

Nous sommes là, les salariés sont là et n'ont qu'une envie, travailler pour les enfants, au service de ces familles qui depuis 5 mois doivent gérer un planning très compliqué. Avec des enfants qui n'ont pas accès à l'école en inclusion. Ils ont normalement accès à l'école chez nous. Donc on va se battre pour eux. 

Annabelle Voudon, directrice du centre "Les Airelles"

Des salariés grévistes désireux de retrouver leurs emplois

Se battre pour ces enfants, ces mots sont prononcés par d'autres, les agents grévistes... Ils estiment n'avoir commis aucune faute professionnels et demandent à retrouver leurs emplois. 
Marie Rosbif, aide médico-psychologique, élue du CSE UTAS-UGTG, en poste depuis 28 ans au centre "Les Airelles" est mobilisée. Elle souhaite négocier avec la direction pour une sortie de crise. Demande restée sans réponse, selon la soignante. 

Té ni tout solisyon pou nou té roupran travay annou.

Marie Rosbif, UTAS-UGTG

Marie Rosbif n'en démord pas, il y avait des solutions pour que les personnels suspendus reprennent leur activité. 

En attendant, direction et grévistes restent dans l'impasse.