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Une petite bouffée d'air pour le CHU menacé par l'asphyxie budgétaire

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CHU vue d'en haut
Emmanuel Macron a annoncé, hier, une ligne de trésorerie de 20 millions d’euros pour le CHU de la Guadeloupe. Une annonce faite hier, après une entrevue à l’Elysée entre le Chef de l'Etat et le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus
Au CHU cette annonce semble être bien accueillie, même si cette ligne de trésorerie ne comble pas les 45 millions d’euros de dette. C’est une petite bouée de sauvetage dans un océan de marasme économique. Emmanuel Macron a publié les photos de cette entrevue avec Ary Chalus, le président de région sur les réseaux sociaux. Dans son communiqué, il indique qu’il s’agit d’une ligne de trésorerie de secours. Une main tendue qui pourrait aller jusqu’à 20 millions d’euros. Il faut prévenir les ruptures d’approvisionnement de fournitures médicales, entre autres.

Ary Chalus, Président de la Région Guadeloupe

Mais une ligne de trésorerie est une sorte de crédit ouvert sur les comptes de l’Etat. Mais un crédit doit être remboursé, et généralement dans de bref délai.
La présidente du conseil de surveillance du CHU, Josette Borel Lincertin, prend acte de ce coup de pouce de l’Etat. Toutefois elle demande à l’Agence Régionale de Santé, de venir présenter au conseil de surveillance le dispositif. Et il y a justement aujourd’hui une réunion du conseil de surveillance du centre hospitalier universitaire.
Josette Borel Lincertin prend cette annonce avec beaucoup de pincette. Elle se bat depuis plusieurs mois pour obtenir l’apurement, c'est-à-dire l’effacement pur et simple, des 45 millions d’euros de dette fournisseurs. Une dette structurelle que l’incendie d’une partie du CHU de 2017 a accentué. La présidente du département ne désespère pas d’obtenir cet apurement.


Eviter les ruptures d’approvisionnement de médicaments


C'est l'une des raisons de ce coup de pouce d’Emmanuel Macron au CHU de la Guadeloupe. La semaine dernière, on a évité le pire. Un courrier du directeur du CHU de la Guadeloupe, en date du 05 juin dernier, fait froid dans le dos.

Lettre à la Directrice Générale de l'ARS

Gérard Cotellon, écrit à Valérie Denux, la directrice de l’ARS à propos de deux laboratoires pharmaceutiques qui refusent de livrer le CHU, compte tenu de ses dettes. Un courrier qui tourne sur les réseaux sociaux. Il en dit long sur l’état de santé financier du Centre Hospitalier Universitaire de la Guadeloupe.
Gérard Cotellon demande à la directrice de l’ARS, Valérie Denux de jouer de son droit de réquisition pour contraindre ces deux laboratoires pharmaceutiques de livrer la pharmacie du CHU en médicaments vitaux pour les patients pris en charge.
Le directeur a déploré la semaine dernière, une rupture de stock probable, pour 4 médicaments :  
- L’actylise pour soigner les thrombose artérielles, 48 heures de stock
- Le Sufentanil pour l’anesthésie et la réanimation, seulement 6 jours 
- L’hémoculture, pour lutter contre les infections, il n’y en avait plus 
- La morphine qui empêche la pratique de toute anesthésie.

Gérard Cotellon a tout fait pour convaincre ces deux fournisseurs. Ils ont d’ailleurs été placés sur une liste prioritaire, mais sans succès.
Mylan et Biomérieux, ces deux Laboratoires,refusent de livrer pour défaut de paiement. Le CHU a demandé à l’Agence régionale de santé de faire jouer sa compétence en matière de sécurité sanitaire et de permanence des soins. Selon nos sources ce dossier est en passe d’être réglé. Ces médicaments devraient arriver sous peu.

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VOIR AUSSI : Intégralité de l'entretien avec Gérad Cotellon, Directeur général du CHU
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