Planter à la Saint Jean : une coutume qui résiste entre ses pourfendeurs et ses défenseurs

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Pépinières de La Sarde à CBE
Pépinières de La Sarde à CBE ©L. Fleurence
Elle fait partie des croyances qui ont traversé le temps pour régir aujourd'hui encore les pratiques de beaucoup de personnes, particulièrement les passionnés d'agriculture, pour ce qui est de planter à la Saint Jean. Vrai ou faux, chacun y trouve son compte, et les cultures ne s'en portent que mieux

Les adages, dictons et proverbes ne manquent pas en la matière. 

« Les herbes de Saint-Jean gardent leurs vertus tout l’an avant.", "À la Saint-Jean, les groseilles vont rougissant " "Si l’on veut une belle récolte, il faut coucher sur son fumier la nuit qui précède la Saint-Jean."

Toutes expressions liées à la nature et surtout, aux récoltes. Et certains dans l'Hexagone vont même jusqu'à préciser  que  c'est un temps pour cueillir notamment "les sept plantes sacrées de la Saint-Jean" : l’armoise, la joubarbe, le lierre terrestre, la marguerite, l’achillée millefeuille, le millepertuis et la sauge.

A travers les siècles, ces mots ont inspiré des pratiques, ont même traversé les océans pour arriver sur les rivages des Antilles et trouver de nombreux passionnés qui, à l'approche de la Saint Jean-Baptiste le 24 juin, font les achats de plantes en tous genres en étant convaincus des bienfaits d'un tel jour pour les plantations.

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Mais tout le monde ne partage pas ces convictions. Face à elles, certains se montrent plus sceptiques ou, pour le moins, plus pragmatiques. 

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Les spécialistes eux ont une version plus rationnelle de la question. Dans l'Hexagone où la tradition est encore bien présente, on l'explique par le fait qu'en cette période de l’année, les durées d’ensoleillement sont les plus longues dans cet hémisphère, l’énergie du soleil se concentre au maximum dans la nature.  La lumière donne aux plantes un plus grand potentiel thérapeutique.

Eric Elisor, pépiniériste
Eric Elisor, pépiniériste ©L. Fulgance


En Guadeloupe, c'est le caractère pluvieux de la saison qui expliquerait les vertus que l'on accorde à cette date. Alors, quand la pluie se fait rare, elle bat en brèche toutes les traditions séculaires. Eric Elisor est pépiniériste à Capesterre Belle Eau. Il est particulièrement spécialisé dans la culture d'agrumes. Et sur la Saint Jean, il s'est fait sa propre religion.

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Pourtant, il restera toujours une part de mystère dans ces adages populaires, celle qui fera que certains agiront selon leurs principes et d'autres se justifieront autrement en le faisant. Mais l'essentiel sera toujours de planter malgré tout.