Pourquoi le bar "La Première plantation" va t-il changer de nom ?

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Polémique bar Première plantation
©Facebook
Bad buzz pour un un bar à cocktails lyonnais. Baptisé "La Première plantation" par ses propriétaires, en référence à l'esprit colonial, un esprit "à la cool", selon eux, il devrait finalement changer de nom, après le tollé suscité par leurs propos dans une interview accordée au "Petit bulletin". 
Ouvert le 21 août dernier, ce bar à cocktails est déjà au coeur d'une vive polémique. Ses propriétaires, accusés de faire l'apologie du colonialisme et de l'esclavage. 

"L'esprit colonial, à la cool"...

C'est un article paru dans le journal "Le petit Bulletin" qui a déclenché les foudres des internautes. Les patrons y expliquent comment ils ont choisi le nom de leur nouvel établissement. "La Première Plantation, est une référence aux plantations de canne à sucre (le rhum en est issu) dans les colonies françaises. Je cherche à retranscrire l'esprit colonial, un esprit à la cool, une époque où l'on savait recevoir." rapporte l'un d'eux. 
Et quand Julie Hainaut, la journaliste qui les interroge leur demande si la colonisation, c'était cool, ils répondent : "Dans l'esprit, oui, carrément, ça représente une période sympathique, il y avait du travail à cette époque accueillante". 
Des propos qui ont scandalisé, notamment sur les réseaux sociaux, où les deux propriétaires du bar sont accusés de faire l'apologie de la colonisation et de l'esclavage.


 

Boycott, pétition et mise en garde du Cran

Très rapidement, un appel au boycott est lancé via les réseaux sociaux... Les internautes dénoncent "une apologie de l’esclavagisme".  
Des réactions, parfois violentes sont postées sur la page Facebook du bar. Page qui a depuis été supprimée.
Une pétition en ligne a recueilli près de 6 000 signatures en quelques jours. Lancée par le collectif des Raciné.e.s., elle pointe du doigt une "nostalgie coloniaux qui furent tissés d’atrocités, de crimes contre l’humanité, de pillages et de barbarie". 
De son côté, le Conseil représentatif des associations noires, le Cran, dénonçait ces "propos odieux", rappelant les "centaines de millions de victimes" de la colonisation. 

Mea culpa des patrons 

Attaquée, la journaliste Julie Hainaut a maintenu sa version des faits, déclarant que l'interview avait été enregistrée. 
Les patrons du bar, eux, ont exercé leur droit de réponse, dans le Petit bulletin, peu après, déclarant avoir commis une erreur. 
L'un des deux propriétaires a déclaré : "Nous avons répondu des absurdités. Nous ne cautionnons pas du tout cette période de l’histoire. Nous avons fait une faute".

Après ce mea culpa et dans un souci d'apaiser la polémique, ils ont décidé de changer le nom de leur établissement, ainsi que le logo.

Louis-Georges Tin, le président du Cran, a d'ailleurs pu s'entretenir avec l'un d'eux. Le Cran "prend acte de ces excuses, salue la mobilisation citoyenne qui s’est mise en place à travers les réseaux et se réjouit que ses interlocuteurs aient reconnu la gravité des propos tenus. Par ailleurs, le Cran demeure vigilant quant au changement de nom, qui constitue une réparation nécessaire, et qui devra intervenir le plus vite possible", a déclaré Ghyslain Vedeux administrateur du Cran en charge des relations société civile-forces de l’ordre.

 

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