Réforme des lycées : Tous les lycéens n'auront pas les mêmes chances dans le choix des spécialités

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C'est en tout cas l'avis du SNES-FSU. Alors que les lycées commencent à dévoiler leurs potentiels en matière de spécialités, le syndicat jette un pavé dans la mare et mais les autorités de l'académie en garde face à ce risque d'inégalité entre les lycéens de l'Archipel
Cette fois, les choses sérieuses entrent en jeu pour la mise en route de la réforme des lycées souhaitée par le Président de la République et mise en oeuvre par le ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquier.
Concrètement, comme partout ailleurs, l'académie devait révéler la carte des formations qu'elle souhaite développer sur le territoire, afin de permettre aux proviseurs de chaque lycée d'informer les familles avant les vacances de Noël (jusqu'à demain) sur la liste des « enseignements de spécialité » proposés l’an prochain par leur établissement. Normalement, il devrait y avoir au moins sept spécialités dans la très grande majorité des établissements.
Mais c'est précisément là où le bas blesse dans l'académie de Guadeloupe, selon le SNES-FSU. Le syndicat tenait une conférence de presse hier au cours de laquelle il a dénoncé les risques forts d'inégalité entre élèves selon le lycée qu'ils fréquentent. L’organisation syndicale estime que la réforme a pour but de réorganiser un système éducatif à l’aune des logiques du marché. 

Emmanuel ROUBLOT du SNEP-FSU

Au départ, le ministère avait listé 12 enseignements de spécialité. Mais depuis, il a réduit à sept spécialités qui seront implantées « dans la très grande majorité des établissements » : maths ; sciences physique-chimie ; sciences de la vie et de la Terre ; sciences économiques et sociales ; histoire-géographie-géopolitique-sciences politiques ; humanités, littérature et philosophie ; littérature et langues vivantes. Les cinq autres (langues et cultures de l’Antiquité ; numérique et sciences informatiques ; arts ; sciences de l’ingénieur ; agronomie-écologie), seront, selon le ministère, proposés à l’échelon d’un « bassin » de formation.
Répondant au préalable aux craintes exprimées par le SNES FSU, le ministère a tenu à préciser que

Un lycée pourra passer avec un établissement voisin une convention pour permettre à ses élèves d’y suivre un enseignement de spécialité qu’il ne propose pas


Une hypothèse que les syndicats mettent en doute quant à l'organisation qu'elle suppose et que tous ne pourront pas entreprendre. Le ministère, lui, fait valoir qu’en dernier recours, l’élève pourra suivre l’une des spécialités via le Centre national d’enseignement à distance…
A leur retour de vacances, chaque élève de seconde devra choisir trois de ces enseignements, sortes de « majeures » qu’il suivra en première, en plus d’un tronc commun. Arrivé en terminale, il n’en retiendra que deux ; deux matières qui seront passées en épreuve finale d’un baccalauréat resserré, en plus de la philosophie et d’un grand oral.
Une chose est sûre, la réforme s’appliquera différemment d’un lycée à l’autre. Et dans bien des cas, les élèves devront s'adapter au menu proposer par leur établissement plutôt qu'un choix réel selon leurs aspirations.

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