Tremblement de terre à Haïti : un an après, les sinistrés sont aujourd'hui dépités

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Tremblement de terre haïti
©RS Haïti
Il y a un an, le 14 août 2021, Haïti subissait un tremblement de terre de magnitude 7,2. Le séisme avait surtout frappé le sud du pays. Plus de 2 200 personnes avaient perdu la vie dans ce nouveau drame. Hier, les autorités ont rendu hommage aux victimes. Parmi les sinistrés, ils sont nombreux à avoir tout perdu.

Le 14 août 2021, Marcel François a vu sa vie basculer. Pendant plus de cinq heures, lui et sa fille, âgée d'à peine quelques mois, ont été ensevelis sous les décombres de leur maison, totalement détruite par le séisme.

C'est quelque chose qui restera à jamais gravé dans mon esprit. C'est une date inoubliable parce qu'aujourd'hui, je me considère comme un survivant. Mais ce qui me fait mal, c'est que je constate la faiblesse de l'Etat. Jusqu'à maintenant, je n'ai bénéficié d'aucune aide, j'ai eu des proches tués, des amis ont perdu aussi des gens. Nous sommes vraiment dans une situation critique.

Marcel François, victime du tremblement de terre en Haïti

S'il s'est remis de ses blessures, ce trentenaire qui vit aux Cayes, est dépité du sort qu'est le sien aujourd'hui.

Ca va de mal en pire. Non seulement, on n'a pas bénéficié d'assistance mais il y a tous ces problèmes de gangs sur la route qui nous permettraient de s'approvisionner en nourriture vu qu'aucune instance ne nous fournit de l'aide. Personne ne s'est soucié de comment je vivais après que ma maison a été détruite. Aucune démarche n'a été menée pour savoir où je vivais. Aujourd'hui, il y a toujours des gens qui vivent dans des abris ou à la belle-étoile à subir la pluie et le soleil. Moi j'ai eu de la chance d'être en bons termes avec un ébéniste, il s'était construit eu petit atelier pour travailler le soir, c'est là qu'on dort avec ma famille. Je n'ai pas d'autre solutions.

Marcel François, victime du tremblement de terre en Haïti

Sans logement, sans travail comme beaucoup de ses compatriotes, il pense aujourd'hui à l'exil.

Franchement, c'est parce que je n'ai pas trouvé d'opportunité pour partir que je suis encore dans le pays. En tant que jeune, on nous dit d'aller à l'école, on y va. On nous dit d'aller à la fac, on va à la fac et après ça on ne trouve pas de travail. On a besoin d'une personne élue qui puisse apporter du changement mais je ne vois pas comment des élections pourraient être possibles en Haïti.    

Marcel François, victime du tremblement de terre en Haïti