9 août -Les Journées des peuples autochtones : l'occasion de raviver les grands combats des peuples premiers

Amérindiens de Guyane
©AFP
Déjà 12 ans. Depuis 2010, à l’initiative de la Collectivité territoriale de Guyane (ex Région) se déroulent en Guyane « Les Journées des Peuples autochtones ». Une journée pour valoriser les peuples premiers à travers leurs problématiques et leurs savoirs-faire. Cette année, pas de défilé place des Palmistes, la manifestation se déroule sur l’ensemble du territoire.

Le 9 août, une date  - pour célébrer les Journées des Peuples autochtones de la Guyane - qui n’a pas été choisie au hasard. Le 9 août en effet a été déclarée « Journée internationale des Peuples Autochtones » par les Nations Unies (résolution 49/214). C’était en 1994. Le but est de renforcer la coopération internationale pour résoudre les problèmes rencontrés par les populations autochtones dans des domaines tels que les droits de l'homme, l'environnement, le développement, l'éducation et la santé. Selon, les Nations –Unies, plus de 476 millions d'autochtones vivent dans 90 pays du monde, soit 6,2 % de la population mondiale. Les peuples autochtones, sont des peuples originaires de la région concernée, représentant une immense diversité de cultures, de traditions, de langues et de systèmes de connaissances uniques. Ils entretiennent une relation particulière avec leurs terres et ont des conceptions différentes du développement, fondées sur leurs propres visions du monde.

En Guyane, cette journée a une résonnance forte : les participants  évoquent des problématiques récurrentes : le foncier, la culture, la reconnaissance des droits mais aussi dénoncent les injustices dont ils estiment être victimes. Des revendications qui ne sont pas nouvelles. En 2010, déjà elles étaient évoquées. La question du suicide des jeunes amérindiens se pose notamment.

Rodolphe Alexandre
Rodolphe Alexandre

Nous ce qu’on voulait très justement, c'est que nous puissions à travers ces journées élaborer des programmes d’investissement pour que ces peuples puissent gagner en équité en égalité… Il est encore indigne pour la République de voir encore des peuples amérindiens ne pas disposer d’assainissement en eau potable, ne pas avoir les moyens de transport nécessaires d’où l’idée d’un collège à Taluen pour rapprocher les enfants de leur famille. C’est un des moyens de combattre les suicides mais il y a vraiment un problème qui sera à élaborer avec les grands conseils coutumiers, les associations et élus. Ce n’est pas qu’une célébration festive elle porte derrière elle une idéologie une pensée une radicalisation sur la rencontre et la réconciliation sur l’équité entre les peuples habitants la Guyane »

Rodolphe Alexandre ancien président de Région, puis CTG (2015-2021)

Des revendications historiques

Affiche la marche pour la Dignité
Affiche la marche pour la Dignité ©DR

Difficile de chiffrer le nombre d’Amérindiens en Guyane. Ils seraient environ 14.000  à vivre sur tout le territoire, vivants pour certains dans des villages enclavés, confrontés à la dure réalité de la vie sur le fleuve. La lutte pour la préservation de leurs droits est loin d’être terminée. Elle devient même politique et s’organise.

Cette année est organisée la marche pour la dignité à Saint-Laurent du Maroni par la FOAG ( Fédération des organisations autochtones de Guyane). Une marche pour dénoncer le projet de centrale électrique à proximité du village Prospérité à Mana. Les autorités sont contre l'implantation de cette puissante centrale électrique à proximité de leur village. Cette marche permettra également de rappeler des revendications historiques. 

 

Préservation d'un savoir faire séculaire

Gadepam
Entre perleries et ciels de case, des objets de l'artisant amérindiens ©CL

L’autre objectif des associations amérindiennes est également la préservation des savoirs-faire et de l’artisanat amérindiens. La transmission doit être assurée, car les valeurs premières se meurent..

C’est important même si certains disent qu’il faut qu’on arrête un peu ce côté festif et qu’on mette les revendications en avant.  Je suis complètement d’accord mais c’est aussi une forme de résistance au niveau des personnes qui font de la vannerie, collier. Elles mettent en avant les traditions amérindiennes. C'est une forme de militantisme.

Jean-Philippe Chambrier 2e adjoint mairie de Matoury

Danse amérindienne ©Véronique Nizon

En Guyane, cette année, divers événements sont organisés d'est en ouest sur tout le territoire, dans les villages. Une cérémonie au « Monument Chamane », rond-point du Califourchon à Matoury, zest également initiée par la Collectivité territoriale.