L’accès aux études compliqué par la crise sanitaire

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Aéroport Félix Eboué
Aéroport Félix Eboué ©Jocelyne Helgoualch
Il n’est pas toujours simple pour les étudiants guyanais de rejoindre l’hexagone, crise sanitaire oblige. Si le test n’est pas obligatoire, un justificatif est impératif.
Le décret du 10 juillet précise les conditions pour les déplacements en provenance ou à destination d’un territoire ultra-marin. Les étudiants guyanais souhaitant rejoindre l’hexagone doivent donc remplir leur attestation de déplacement dérogatoire et préciser le motif impérieux de leur voyage, en l’occurrence le motif personnel, qu’il faut préciser et accompagner des justificatifs. Des motifs impérieux imposés aux voyageurs compte tenu de la crise sanitaire trop contraignants selon certaines familles.
 

Tout est au ralenti

 
C’est le cas de la famille de Rémy. Ce bachelier de 17 ans, n’a obtenu aucune réponse par la voie Parcoursup, il a décidé, son baccalauréat professionnel en poche de se déplacer directement dans l’hexagone pour tenter de s’inscrire dans son établissement. Son objectif : une formation en alternance d’une durée de 3 ans. Lorsqu’il entame ses démarches pour quitter la Guyane, il se rend compte que son voyage est compromis puisqu’il n’a aucun document justifiant le motif de son déplacement. Il prend alors contact avec l’administration de sa future faculté pour recevoir une attestation de pré-inscription. L’un des responsables lui explique qu’il doit d’abord prouver qu’il a trouvé une entreprise pour effectuer son stage afin d’obtenir ce document. C’est pourtant sur place que Rémy comptait chercher une entreprise puisqu’à distance, ses démarches sont compliquées et la crise sanitaire n’arrange rien, tout est au ralenti selon ce bachelier.
 

Un justificatif au format varié


Un véritable parcours du combattant, les services de l’aéroport Félix Eboué demande le document de pré-inscription et l’université, elle, attend l’attestation de l’entreprise. Vendredi dernier, Rémy n’a pas pris l’avion. Il dit être face à un mur.
Nous avons tenté de joindre les compagnies aériennes Air Caraïbes et Air France pour savoir si ces difficultés rencontrées au départ des étudiants sont fréquentes. Nous n’avons réussi à joindre que la première. « Notre but n’est pas de mettre des bâtons dans les roues des jeunes mais nous respectons les règles instaurées par l’Etat » explique la compagnie qui réaffirme qu’il faut effectivement présenter un document mais que celui-ci peut être varié, attestation d’inscription, justificatif de paiement de frais de scolarité, voir même un email de l’établissement. Même son de cloche pour l’agence de l’Outre-mer pour la mobilité qui accompagne les jeunes avec notamment le dispositif Passeport mobilité.

Nous acceptons aussi les mails d’inscription, tout est fait pour les aider dans leurs démarches.

Marie-Line Rabord directrice de LADOM Guyane.

L’agence reconnait toutefois qu’il n’y a pas de procédure pour un jeune ne pouvant présenter un justificatif et qui souhaiterait se rendre dans l’hexagone pour finaliser ses démarches. Actuellement l’organisme dit avoir traité près de 500 dossiers de jeunes étudiants, une moyenne proche du volume traité à la même période l’an dernier.
 
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