Agence Territoriale de la Biodiversité de Guyane : la FEDOMG demande à "siéger en tant que membre permanent de la nouvelle instance"

orpaillage
Le siège de la collectivité territoriale de Guyane
Le drapeau de l'Europe flotte à l'entrée de l'hôtel de la CTG ©CL
Une Agence Territoriale de la Biodiversité sera bientôt créée en Guyane. L'annonce a été faite le 1er février 2022, en présence de Barbara Pompili, ministre de la Transition Ecologique. L'ATB permettra de valoriser la biodiversité du territoire, un travail auquel la Fédération Des Opérateurs Miniers de Guyane souhaite participer. L'organisme demande donc à y siéger en tant que membre permanent.

Le 1er février 2022, la Collectivité Territoriale de Guyane a officiellement annoncé la création prochaine d’une Agence Territoriale de la Biodiversité (ATB) en Guyane. Elle devrait être mise en place au second semestre de cette année. La nouvelle a été diffusée en présence de Barbara Pompili, ministre de la Transition Ecologique.

"Merci aux Opérateurs Miniers de Guyane"

En réaction, la Fédération Des Opérateurs Miniers de Guyane (FEDOMG) s’est "félicitée" de la création de l’agence, dans un communiqué intitulé "Merci aux Opérateurs Miniers de Guyane". Estimant que la filière aurifère légale du territoire est mise à l’écart de tels projets, elle réclame le soutien de la collectivité.

L’organisme rappelle sa participation, financière notamment, à la valorisation de la biodiversité guyanaise. Cela passerait, par exemple, par la taxe annuelle sur la biodiversité versée à la CTG. La FEDOMG aurait payé 4 846 706 euros depuis 2011. La contribution des opérateurs miniers ne s’arrêterait pas là, selon la fédération.

On fait aussi de la recherche via nos entreprises. On est dans la forêt 365 jours dans l’année, on fait en sorte de réparer ce qu’on y fait. On fait des pépinières, du reforestage et on cherche à s’approcher de ce que la nature avait produit à cet endroit-là. On fait des études avec les scientifiques, de la recherche sur site et on met en commun nos savoir-faire pour en tirer des enseignements.

Carol OSTORERO, présidente de la FEDOMG

Le dialogue pour allier économie et écologie

"On fait du développement durable, on est au cœur de tout ça et je ne vois pas pourquoi on n’est pas inclu", déplore Carol Ostorero. Et de poursuivre : "depuis quelques années, avec la pression des verts et des ONG sur le territoire, on a l’impression qu’il faut nous mettre dos à dos. On a besoin d’être dans la construction et le dialogue. Cette approche est essentielle pour le territoire. On veut créer de l’emploi et de la richesse et prenant en compte le développement durable, qu’importe le domaine."

Le développement économique de la Guyane est essentiel et on intervient sur des zones où personnes ne peut intervenir (dans l’intérieur, dans l’Ouest et dans les zones isolées). Au contraire, il faut rentrer dans un dialogue car on a besoin de tout le monde pour développer la Guyane.

Carol OSTORERO, présidente de la FEDOMG

Une tentative de "greenwashing", selon les écologistes

La FEDOMG demande à la CTG "de siéger en tant que membre permanent dans cette nouvelle instance". De leur côté, les écologistes semblent voir cette demande d’un regard interrogateur. "La Fedomg ? Au sein de l'agence guyanaise de la biodiversité ? Vraiment ??", a commenté le parti Guyane Ecologie sur sa page Facebook.

Marine Calmet, présidente de l’ONG Wild Right, dénonce une "opération de greenwashing" orchestrée par la fédération. Selon elle, les orpailleurs légaux de Guyane tentent "d'infiltrer les organes politiques de préservation de la biodiversité". Pour plusieurs raisons - qu'elle justifie  - la présidente de l'ONG estime que la FEDOMG "n'a pas sa place dans la nouvelle Agence territoriale de la biodiversité".

Qu'est-ce que le "greenwashing" ? Selon la définition du Larousse, c'est "l'utilisation fallacieuse d'arguments faisant état de bonnes pratiques écologiques dans des opérations de marketing ou de communication". Cette pratique est vue comme une façon de redorer, voire de blanchir l'image des entreprises aux yeux du public. On parle également de "pinkwashing" lorsqu'il s'agit de pratiques consistant à se montrer plus inclusif et proche vis-à-vis de la communauté LGBTQ+ dans un but marketing.