Débrayage à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation de Guyane, le management de la directrice mis en cause

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Débrayage à l'INspé le 10 février
©Lindy Nedan

Un débrayage a eu lieu le 10 février à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation, l’Inspé. Les formateurs mobilisés dénoncent notamment les pratiques de management de la direction à l’encontre des personnels les plus précaires. Un mouvement que l’UTG a refusé de suivre.

Un débrayage pour exiger le départ de la directrice du centre de formation des professeurs des écoles. Les personnels mobilisés dénoncent des dysfonctionnements importants, notamment à l’égard des plus précaires explique Marianne Palisse, représentante FSU (CHSCT de l’Université de Guyane) :

Nous avons des gens qui ont fait des arrêts maladie à caractère professionnel. L'Inspé est malade, la souffrance au travail est énorme. Je n'ai jamais vu cela au niveau du CHSCT, on a déjà eu des services en souffrance mais là cela dépasse tout ce que nous avons eu auparavant.

 

« Les gens rapportent qu’ils se sentent espionnés, qu’ils ont l’impression qu’on leur rapporte des propos qu’ils ont tenu dans des réunions où la directrice n’était pas.»

Parmi ces fonctionnaires en souffrance, les MAD, les « mis à disposition » par le rectorat, peu présents dans cette mobilisation, par peur de représailles de la direction selon les syndicats. La seule que nous rencontrons, Nicole Pronzola, formatrice en éducation musicale, mise à disposition par le rectorat exprime son désarroi :

« Je viens d’une structure où je m’épanouissais puisque j’ai eu les palmes académiques. Mais depuis deux ans mes compétences sont remises en question, par conséquent je ne vois vraiment plus ce que je fais ici »

 

Anne-Marie Vigues, secrétaire du Snesup-FSU (Université de Guyane) ajoute

« Elle opère vraiment une emprise sur eux, sans cesse donc elle les menace par exemple de leur enlever leur poste à la fin de l’année s’ils ne répondent pas à ses ordres, s’ils ne respectent pas véritablement ce qu’elle veut »


Une partie des étudiants, futurs professeurs des écoles en Guyane, s’est également mobilisée. Car beaucoup n’ont toujours pas de directeur de mémoire comme Nadège Charles, étudiante en Master 2 (Inspé de Guyane) :

« Nous avons déjà transmis à l’Inspé une première partie qui encadre la formation théorique, donc la partie théorique du mémoire. Cependant, nous n’avons pas de retour étant donné que pour que le mémoire soit corrigé il nous faut forcément un maître de conférence »


Car pour améliorer son taux de réussite, l’Inspé a décidé de réformer l’encadrement des mémoires rédigés par les étudiants. Abdelhak Qribi, enseignant-chercheur, Snesup-FSU (Inspé de Guyane) :

« Dire que seuls les enseignants-chercheurs ont le droit d’encadrer, c’est une hérésie ! Tant sur le plan scientifique que pédagogique, tant sur le plan légal, parce qu’on peut parler aussi des textes et de leur interprétation… »

 

Une mobilisation que l’Union des travailleurs guyanais n’a pas voulu suivre


Lorsque nous rentrons dans les locaux de l’Inspé pour interviewer le délégué de l’UTG, les grévistes se font immédiatement entendre, William Dimbour, secrétaire général de l’UTG université :

« Ils veulent la démission d’une Guyanaise, Mme Francius, pour pouvoir placer quelqu’un qui a eu un blâme pour agression ». Beaucoup de collègues de l’université – qui sont enseignants-chercheurs- ont souhaité prendre le suivi de mémoire. Ils ont eux-mêmes aussi suivi des intimidations pour ne pas venir aider notamment ces étudiants. Deuxièmement, la vraie réponse, ce serait de demander des créations de poste »


L’UTG demande la création de 35 postes d’enseignants chercheurs et d’agents administratifs.

De son côté, la directrice, Sonia Francius explique avoir constaté un nombre croissant d'échecs au diplôme de master. Un système d'encadrement des mémoires de master et une formation a été mis en place et un recours à d'autres enseignants chercheurs a notamment lancé pour élargir les effectifs :

45% des futurs enseignants qui ont échoué l'ont été à cause du mémoire. Et ce mémoire, malheureusement compte tenu du nombre insuffisant d'nseignants chercheurs, ne permet pas de traiter de manière équitable avec la même égalité de qualité. J'ai prévu avec mon équipe, des formateurs volontaires et des enseignants de l'Université d'élargir le vivier de manière à ce qu'il y ait un encadrement co piloté... et cela devrait permettre de réussir pour éviter un échec massif pour cette année 2021.

 

Grogne à l'Institut du Professorat et de l'Education.