Faire de Montsinéry-Tonnégrande une ville amazonienne, le crédo du maire Patrick Lecante

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Patrick Lecante, maire de Montsinéry-Tonnégrande
©Guyane la 1ère
Avec les fonds de l'Opération d'Intérêt National annoncée en 2015 pour la Guyane, et actée le 19 décembre 2016, le maire de Montsinéry-Tonnégrande, Patrick Lecante espère transformer et développer sa commune dans sa dimension amazonienne tout en lui conservant son caractère rural.

Patick Lecante, maire de Montsinéry-Tonnégrande depuis 2008, a une vision précise de ce qu'il appelle "la ville amazonienne". Un concept dans lequel il s'inscrit depuis des années. La mise en place de l'Opération d'Intérêt National actée par le gouvernement en 2015 lui donne l'opportunité  de réaliser cette ambition. La première tranche de cette vaste opération d'aménagement qui concerne la commune du centre littoral a été présentée officiellement le 13 juillet : 

Ma vision de la ville amazonienne et guyanaise consiste à prendre en compte les contraintes et exigences pour un objectif qui est de permettre aux administrés et futurs habitants de pouvoir jouir d'un cadre de vie qui leur permet de s'épanouir dans toutes les fonctions de la vie et pas simplement dans la fonction logement...


Un aménagement qui doit s'intégrer dans son environnement

Une personne lorsqu'elle habite un endroit, il faut penser qu'elle va déambuler dans les rues, aller chez un commerçant, prendre un véhicule, un vélomoteur, un vélo, ou encore rejoindre la navette fluviale pour se rendre à Cayenne pour travailler... Il y a toutes les autres fonctions les loisirs, la culture, le sport... rappelle Patrick Lecante ce qui l'amène à préciser :

La définition de la ville amazonienne, c'est prendre en compte tout cela avec ce qui fait sens. Cela s'appelle la biodiversité ou tout simplement la nature, l'environnement et particulièrement à Montsinéry où il y a beaucoup d'eau. La topographie étudiée par les aménageurs montre bien que la question de l'eau est une forte contrainte mais il faut en faire un atout et éviter les inondations.

 

600 logements à réaliser en plusieurs tranches...

Prenant l'exemple du Hameau du collège, une opération de 100 logements réceptionnés en 2015 avec une seconde tranche qui démarre seulement maintenant, le maire Lecante rappelle :

Un fait est de construire des logements pour les demandeurs, un autre de pouvoir faire société et c'est le rôle de la collectivité. Il faut faire attention au rythme de construction surtout dans un contexte rural comme le nôtre avec une faible quantité de personnes. Officiellement, la population est de 2707 habitants mais officieusement, il y aurait entre 3000 à 3500 habitants. Une opération de 600 habitations, cela multiplie par 4 le nombre de résidents pour atteindre facilement 2400 personnes de plus. Avec une seule opération, la population serait doublée, ce qui d'un point de vue social n'est pas admissible avec en sus la problématique des équipements. D'où la division en 3 hameaux à réaliser par tranches.


... Pour une population diversifiée

Les futurs logements vont permettre de répondre à une demande pour les jeunes de Montsinéry et ils sont nombreux précise le maire. Toutefois, la demande émane, principalement de Cayenne et peut-être d'ailleurs.

Pour ce qui nous concerne à Montsinéry-Tonnégrande nous n'avons pas de problématique de squat. Je considère que le rôle d'une opération d'aménagement n'est pas de régler le problème des squats mais d'aménager le territoire pour répondre à des fonctionnalités. Dans cette opération, le logement social intervient à 20%. Nous allons prendre notre quote part car il n'est pas acceptable de refuser. 


Le premier édile précise que cette opération n'est en aucun cas la variable d'ajustement de la question migratoire en Guyane :

Une réunion s'est tenue sur la gouvernance des OIN en présence de l'EPFA, de la préfecture et des maires où j'ai dit qu'il n'est pas concevable que les opérations de l'OIN soient la variable d'ajustement pour régler la problématique de l'immigration en Guyane. L'immigration est la fonction régalienne de l'état aux frontières. On voulait m'imposer quelque chose que je n'ai pas souhaité 


Un parti pris architectural qui respecte la ruralité de la commune

Patrick Lecante effectue son 3e et dernier mandat de maire, il a le souci de faire bien dans sa commune située en Amazonie. Il reconnait que cela n'a pas été facile de faire comprendre que l'espace de la Guyane ne s'aménage pas comme une banlieue hexagonale.

Le parti pris architectural doit s'examiner à travers un cahier des charges très précis. Il faut respecter la ruralité de la commune, sa fonction agricole et favoriser l'accueil d'entreprises nouvelles comme Bio mass énergie de Montsinéry, Yana wassaï ou encore une prochaine usine de fabrique de meubles dans la zone de Quesnel. Plus près du bourg, AmazonActiv Valley s'installe dans une zone artisale. Cela devrait permettre d'éviter que Montsinéry ne soit une zone dortoir.

 

Quid des aménagements routiers pour desservir la commune

La saison des pluies que la Guyane a connu cette année a mis en évidence la fragilité du réseau routier avec la submersion de plusieurs routes dont la départementale 5 au mois d'avril. Un axe essentiel pour desservir la commune de Montsinéry-Tonnégrande.

Selon le maire de Montsinéry, les aménageurs ont été saisis de cette question :

... L'aménageur a sur ses tablettes, la question de l'aménagement du réseau routier et des VRD. La route départementale 5 est l'épine dorsale de la commune d'ouest en est. Elle traverse toute la commune de la RN1 à la RN2 et devrait être requalifiée et notamment les ponts. Il en est de même pour la RD 14 qui mène au bourg. Cela représente 3,5km de route de campagne qui doivent être aménagés en boulevard urbain comme la RD1 de Montabo à Cayenne. Un vrai travail de réflexion à mener entre l'état, la CTG et la commune.  Le transport public doit aussi être organisé et c'est le pourquoi du TCSP. L'objectif est de faire cela en même temps, chacun dans sa partition avec un objectif global.


Mais le requalibrage où même la création des routes ne devraient-ils pas être le préalable à toute opération d'envergure de dévelopement social et économique?