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La convention de Minamata : le Surinam prévoit l'interdiction du mercure

Le Surinam ratifie la convention de Minamata contre l’utilisation du mercure. Ce territoire se joint aux 89 pays qui ont déjà ratifié ce texte auprès des Nations Unies.

  • Jocelyne Helgoualch
  • Publié le , mis à jour le
Sur le Maroni, à la frontière entre la Guyane et le Surinam, New Albina est situé en face de Maripasoula. C’est une base arrière des orpailleurs illégaux travaillant en pays amérindien. Il y est particulièrement facile d’acheter du mercure. Un produit interdit en France et en Guyane depuis 2006 mais pas en face de Maripasoula. La vente ne pose aucun problème et se fait en quelques secondes. Pas de protection particulière pour ce produit hautement toxique, juste un petit morceau de scotch pour fermer une bouteille de soda qui servira de flacon.  
588 grammes de mercure précisément pour un coût de 100 euros. Aucun document demandé : pas de justificatif professionnel, pas de pièce d’identité. Au Surinam on achète du mercure aussi facilement qu’un sac de riz. Et ce pays en fait une grande consommation car il faut plus d’un kilo de mercure pour amalgamer un kilo d’or.
Ce mercure est rejeté dans les sols et les rivières avec de graves conséquences sanitaires sur les populations de l’intérieur.
Dans les villages Wayanas du Haut Maroni, plus de 90 % des enfants présentent des taux supérieurs aux valeurs seuils définies par l’Organisation mondiale de la santé.

André Cognat fondateur Village d'Antekumpata :

"On ne peut plus manger de poisson de rivière empoisonné par du mercure. On veut le remplacer par du poulet congelé. Ce n'est pas la solution."


Le lobbying du WWF


Le Surinam annonce officiellement avoir ratifié la convention de Minamata contre l’utilisation du mercure.
Un convention des Nations Unies déjà signée par la France, le Brésil et le Guyana et désormais par le Surinam. Le Surinam qui s’engage avec cette signature à mettre en place un plan d’action national visant à réduire ses émissions de mercure.
Le WWF avait ces dernières années mené une campagne pour pousser le Surinam à ratifier cette convention.

Laurent Kelle responsable régional du WWF Guyane : 

"Immédiatement cela ne va rien changer. Le Surinam a son échelle envisage en 2025 d'exploiter l'or autrement mais en tout cas c'est le dernier pays d'Amérique du sud à avoir signé". 


A Cayenne,le consulat du Surinam que nous avons sollicité n'a pas souhaité réagir. Ils nous ont renvoyé sur le site du gouvernement de Paramaribo .
Le WWF Guyane salue l’initiative  mais rappelle que ce n’est pour l’instant qu’une signature.
Selon des estimations : 40 à 100 tonnes de mercure seraient utilisées chaque année par les orpailleurs du Surinam. Cette ratification de la convention de Minamata par le Surinam permettra peut être de renforcer les contrôles sur le mercure et de diminuer la contamination du plateau des Guyanes . Le Surinam  annonce en tout cas un meilleur encadrement des activités d’orpaillage qui devront être sans mercure d’ici 2025.

 

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