Coronavirus : quelles sont les capacités d’accueil et de conservation des malades décédés de la Covid-19 ?

coronavirus
Service des urgences
Le service des urgences du CHC ©Jocelyne Helgoualch
Face aux 16 malades décédés du Coronavirus, la morgue du CHC et les sociétés funéraires privées, ont eu à prendre en charge des dépouilles un peu particulières. Avec des conditions de travail et des protocoles qu’il a fallu adapter. Tout comme les capacités d’entreposage des victimes.
 
On a tous en mémoire ces scènes à New-York, à Belém ou à Macapa de l’autre côté du fleuve Oyapock, de ces malades décédés du Coronavirus et qu’on enterre à la chaîne dans des cimetières débordés. Avec en amont, des morgues saturées, obligées de faire appel à des camions réfrigérés pour entreposer les corps.
 

Jusqu'ici tout va bien :

En Guyane, on compte 16 malades décédés, une mortalité qui pour l'heure ne sature pas les capacités de la morgue du CHC et des entreprises funéraires de Cayenne.

« Pour le moment ça va, mais il ne faudrait pas que la situation s’aggrave…puisque d’une manière générale sur la Guyane il n’y a pas un nombre de places extensibles en terme de chambre froide. »

Guetty Tarin, Responsable d'une maison funéraire privée


Cette maison funéraire à Cayenne, leader du marché, dispose d’une capacité de 18 places pour entreposer les défunts. Avec la crise sanitaire, les modalités d'intervention ont évolué par rapport à la conservation des corps :
 

« Lorsqu’il s’agit d’un décès Covid, on a l’obligation de procéder à la mise en bière immédiate sur le lieu du décès… C’est-à-dire, obligé de mettre la personne dans son cercueil tout de suite.
Si la personne décède à l’hôpital de Cayenne, on est tenu de mettre la personne dans son cercueil à l’hôpital…. Après il faut qu’on procède rapidement à l’inhumation ».

Guetty Tarin, Responsable d'une maison funéraire privée

 

L’exposition du corps du défunt et les veillées ne sont plus possibles :


En raison des conditions climatiques, la conservation d'un corps dans son cercueil est très courte en temps normal. Mais épidémie oblige, il faut encore plus rapidement enterrer les défunts. Une situation plutôt douloureuse pour les familles guyanaises, dont les traditions mortuaires et d'hommages aux défunts sont très vivaces. 

A la morgue de l’hôpital de Cayenne, 6 casiers sont opérationnels en temps normal, ils seront bientôt 12 après des travaux d’extension. Mais d'autres alternatives ont été mises en place pour faire face à un éventuel afflux. 
 

« Jusqu’ici les décès liés à la Covid ne mettaient pas en tension particulièrement nos équipements et ne nous avaient pas obligé à changer notre manière de procéder. Malheureusement, l’évolution de la situation nous conduit à devoir l’anticiper. Dès ce week-end, nous avons déployé un camion frigorifique à proximité de la chambre funéraire au cas où il y aurait besoin d’étendre les capacités ; ce n’est pas le cas encore, il n’y a pas de corps dans cet équipement pour l’instant. »

Juliette Besse, Directrice adjointe du CHC en charge des fonctions supports


Pour être complet sur les capacités du chef-lieu, l’autre maison funéraire à Cayenne, dispose de 9 casiers.  
Au total, Cayenne dispose de 33 casiers funéraires réfrigérés et bientôt 39 casiers.
Pour St Laurent et Kourou, nous n'avons pas eu les capacités totales de ces deux villes.

Le reportage audio de Patrick Clarke, sur les capacités d'acceuil de la morgue de Cayenne et des sociétés privées.

Les Outre-mer en continu
Accéder au live