11 professeurs de médecine disent "non" aux fausses croyances sur les remèdes contre la Covid-19

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Les soins pour une malade du Covid long au CHC
Les soins pour une malade du Covid long à l'hôpital de Cayenne ©Claire-Marine Seles
Les fausses croyances locales sur les traitements de la Covid-19 incitent 11 professeurs de médecine de l'Université de Guyane à informer les habitants sur la réalité scientifique des traitements curatifs et préventifs. Parmi eux, Loïc Epelboin, professeur de maladies infectieuses et tropicales.

"En matière de traitement de la Covid-19, nous entendons absolument tout et n'importe quoi, aujourd'hui, que cela soit avec des personnes qui n'y connaissent strictement rien, mais aussi avec des collègues qui ont sorti des informations d'on ne sait où !" Le Professeur Loïc Epelboin fait partie des 11 scientifiques de l'Université de Guyane qui ont signé un communiqué pour rétablir, selon eux, la  réalité scientifique quant aux traitements qui soignent et ceux qui protègent de la Covid-19.

Spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, le Professeur Loïc EPELBOIN explique les raisons de ce communiqué.

"La vaccination contre le covid reste le pilier de la maitrise de l'épidémie", précisent ces professeurs de médecine. A leurs yeux, les vaccins les plus efficaces et les mieux tolérés sont les vaccins à ARN messager (Pfizer, Moderna).

Non, il ne s’agit pas de "thérapie génique", rappellent-ils. D'ailleurs, au quotidien chacun ingère de l'ARN messager, dans des aliments comme des légumes, des fruits, de la viande ou du poisson. Il ne faut pas confondre les vaccins avec de l'ARN messager avec la thérapie génique, un procédé thérapeutique visant à modifier l’ADN des gènes de cellules malades afin de traiter certains cancers, des maladies du sang ou des maladies génétiques.

Loïc EPELBOIN veut encore rassurer quant à la vaccination.

Quant aux médicaments fréquemment cités en Guyane pour se protéger du virus, notamment l'hydroxychloroquine ou les remèdes dits créoles, leurs propriétés ne sont pas confirmés scientifiquement selon les 11 scientifiques.

Loïc EPELBOIN n'est pas farouchement opposé à la pharmacopée traditionnelle mais, en tant que médecin, il reste prudent.

Comme l'indiquent ces professeurs de médecins de Guyane, les traitements curatifs actuellement utilisés sur les formes sévères et graves de la Covid sont "l'oxygène, parfois délivré à haut débit (dit Optiflow), les corticoïdes et les anticoagulants. Ils n'agissent pas sur le virus mais diminuent les complications de façon très significative."

Loïc Epelboin

 

"Il n'y a pas de traitement médicamenteux commercialisé efficace sur le virus à ce jour, martèlent d'une voix les 11 médecins. Notamment ne marchent pas : l'hydroxychloroquine, l'ivermectine, le zinc, l'azithromycine, la vitamine D. Les études associant l'hydroxychloroquine et l'azithromycine ont même montré une mortalité plus élevée."

Le Professeur Loïc EPELBOIN précise qu'aucun médicament ne prévient la maladie ou ses complications.

Les spécialistes signataires du courrier mettent en garde sur les points suivants : "encourager ou prescrire un de ces médicaments à visée antivirale contre le covid (hydroxychloroquine, ivermectine, zinc, azithromycine) est, dans l'état actuel des connaissances scientifiques, une erreur scientifique et une faute médicale."

 

Les 11 professeurs de médecine signataires pour le Département de Formation et de Recherche en Santé de l'Université de Guyane
  • Pierre Couppié, professeur de dermatologie-vénérologie, directeur du DFR Santé,
  • Mathieu Nacher, professeur de santé publique, directeur adjoint du DFR Santé, directeur de l'unité INSERM CIC-EC épidémiologie clinique du Centre Hospitalier de Cayenne,
  • Magalie Demar, professeur de parasitologie-mycologie, directrice de l'équipe de recherche T-BIP (Tropical Biome and immunophysiopathology), ex-EPat de l'Université de Guyane,
  • Félix Djossou, professeur de maladies infectieuses et tropicales, président du Collège Médical du Groupement Hospitalier de Territoire de Guyane,
  • Narcisse Elenga, professeur de pédiatrie, directeur du centre de référence sur la drépanocytose, chef de pôle au Centre Hospitalier de Cayenne,
  • Bertrand de Toffol, professeur de neurologie, chef de pôle au Centre Hospitalier de Cayenne,
  • Hatem Kallel, professeur de réanimation-soins critiques, chef de pôle au Centre Hospitalier de Cayenne,
  • Antoine Adenis, professeur de santé publique, directeur adjoint de l'unité INSERM CIC-EC épidémiologie clinique du Centre Hospitalier de Cayenne,
  • Loïc Epelboin, professeur de maladies infectieuses et tropicales,
  • Magaly Zappa, professeur de radiologie,
  • Jean Pujo, professeur de médecine d'urgence