France-Brésil : le cacique porte sa lettre à l’Elysée

océan atlantique
Le cacique
Le cacique Ninawa a remis une lettre à l'Elysée. Ce chef amérindien demande le soutien d'Emmanuel Macron contre la déforestation au Brésil. La France va bientôt exercer la présidence tournante du conseil de l'UE. Sceptique sur  la prochaine COP 26, le  mouvement autochtone pourrait se radicaliser.
Le cacique

En tournée en France, le cacique brésilien Ninawa a présenté un film et participé à des forums pour la défense des peuples autochtones, de la biodiversité et de la paix. Le représentant de l'Alliance des Gardiens de Mère Nature est venu apporter une lettre à l'Elysée. Il y demande le soutien du chef de l'Etat français. En effet, Paris va assurer la présidence tournante du conseil de l'Union européenne en janvier 2022.

Appel à soutenir les peuples autochtones contre la déforestation

Rappelant qu’Emmanuel Macron avait déploré les incendies de forêt en Amazonie, le cacique souhaite qu'il fasse pression sur Brasilia. Et que les décideurs et le parlement européens ne facilitent pas les échanges avec le Brésil de produits directement liés à la déforestation, comme le soja, la viande et le bois. Plus généralement,  le chef du peuple amérindien Huni Kui, qui parcourt souvent la planète, veut globaliser sa lutte :

Il est vraiment important que la société, les êtres humains dans le monde, aient conscience que prendre soin de la nature est la responsabilité de tous. Nous, en tant qu'autochtones, le faisons chaque jour, mettant nos vies en danger pour défendre la nature pour toute l'Humanité . Il est donc important que chaque pays, chaque citoyen de chaque pays fasse aussi sa part, soit le gardien de la nature. Nous invitons le Parlement européen à se joindre à nous, les peuples autochtones, et à discuter de manière traditionnelle, à écouter ce que les peuples autochtones ont à enseigner, sur la façon de défendre un bien commun de toute l'humanité - la biodiversité de notre planète. Nous l'avons fait tous les jours avec beaucoup de nos dirigeants assassinés, beaucoup de nos dirigeants étant criminalisés. Aujourd'hui, le gouvernement brésilien élabore un projet de loi pour mettre fin aux terres indigènes au Brésil et ouvrir l'Amazonie aux grandes multinationales qui sont prédatrices et détruisent (la nature) 

Les Amérindiens veulent gérer eux même leurs écosystèmes.

Défiance vis-à-vis de la conférence sur le climat COP 26

Le cacique

Le cacique n'a pas confiance dans la COP 26, la conférence sur le climat prévue à la fin du mois à Glasgow :

Ces COP ne résolvent pas les problèmes de notre planète. La COP est devenue une foire commerciale pour que les multinationales fassent des affaires avec les gouvernements qui échangent notre biodiversité,…

 

Radicalisation envisagée face à l’obstruction de lobbies « radicaux »

Le cacique

Pour les responsables amérindiens et leurs amis, le message qu’ils transmettent serait bloqué au plus haut niveau par les intérêts financiers. C’est du moins ce qu’exprime sous forme d’avertissement Gert Peter Bruch, fondateur de l'ONG Planète Amazone, qui accompagnait le représentant des Autochtones brésiliens :

Ils nous appellent à retrouver le respect de la nature, de la Terre Mère en fait. Et à changer notre vision globalement. Et je pense que les citoyens sont prêts à entendre ce message. Evidemment, les multinationales, elles, elles veulent continuer à faire du profit et on sait qu'elles ne feront pas la transition en douceur. Donc c’est malheureux à dire mais malheureusement, le message de Greta Thunberg et celui des chefs indigènes se rejoignant, on a l’impression qu’on ne va jamais être écouté par les chefs d'État qui sont coincés par les lobbies et qu’on va devoir passer à des actions de plus en plus fortes. Pacifiques dans un premier temps mais est-ce qu’ils vont pas nous forcer à devenir, je dirais,  plus radicaux dans le temps ?. Parce qu'ils le sont déjà, eux, radicaux. Radicaux, ils le sont. Ils vont dans ces territoires, ils tuent des gens, ils détruisent des environnements, ils envoient des milices. Et ça existe encore aujourd'hui en 2021. 

Reste donc à voir quelle suite l'Elysée donnera à  la missive du cacique…