Clap de fin du Fifac 2020, « Massacre river » grand gagnant avec deux distinctions

cinéma guyane
Soirée de clôture du Fifac 2020
Soirée de clôture du Fifac 2020 ©Karl Sivatte
La deuxième édition du Fifac, cette grande grande rencontre du film documentaire s'est achevée ce 10 octobre. Cet opus qui s'est déroulé à la fois sur site à Saint-Laurent-du-Maroni et en version numérique consacre le film "Massacre river" avec deux distinctions.
Le président du jury de cette seconde édition du Fifac [Festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbe] le comédien et réalisateur Jacques Martial aura vécu une semaine intense avec le visionnage de films de grande qualité :
 

... des films formidables au cours de cette semaine intense ... beaucoup d'histoires qui nous ont fait voyager dans cette Caraïbe et cette Amazonie de manière imprévisible...


Le festivel s'est tenu sur site et en ligne et les spectateurs ont eu le choix entre 48 documentaires dont 26 ont été diffusés en plein air au Camp de la Transportation. Près de 1300 personnes ont participé ont fait vivre ce grand événement culturel au coeur de la capitale de l'ouest guyanais et près d'un million ont suivi les projections sur le site Fifac et les réseaux sociaux.
Durant 5 jours la Guyane a été au coeur de la création cinématographique. Des jeunes lycéens de Saint-Laurent et de Rémire-Montjoly en section audiovisuelle ont vécu de l'intérieur ce festival qui désormais imprime sa marque dans le paysage audiovisuel français. 
 


Le palmarès du Fifac 2020

Prix des lycéens du meilleur documentaire: Massacre River
Un film de Suzan Beraza / Etats-Unis – République dominicaine / 2019 / 1h20 / ReelThings Films / Espagnol sous-titré français
En 2013, une décision de la Cour constitutionnelle de la République dominicaine a annulé les droits de citoyenneté de plus de 200 000 résidents d'origine haïtienne nés en République dominicaine. Une montée de la politique populiste a également vu surgir des foules violentes dans tout le pays, déterminées à voir la destruction des Dominicains noirs qui vivaient déjà sous la menace constante de la déportation. Face à l'indignation internationale, le gouvernement a mis en place un processus de régularisation, mais pour une durée limitée. Dans une course contre la montre, Pikilina, 23 ans, doit se démener pour rassembler les documents nécessaires pour prouver sa citoyenneté et l’obtenir aussi pour ses deux enfants. Ce terrible regard sur le visage du nationalisme survient plus de 80 ans après que le dictateur Rafael Trujillo a ordonné le massacre de plus de 12 000 Haïtiens vivant à la frontière nord. Avec l'histoire d'une femme de lutte, Massacre River propose une étude sur la précarité de la vie noire et le fantasme odieux des frontières.

Prix du meilleur court métrage documentaire: 407 Jou
Un film de Eleonore Coyette/ Haïti/ 2020/ 7min/ Lokah Productions
Paul Junior Casimir plus connu sous le nom de « Lintho » est marionnettiste à Port-au-Prince. Même si la vie n’est pas toujours facile, elle lui sourit de temps en temps. Alors qu’il se lie d’amitié avec une Française qui souhaite apprendre à faire des marionnettes, Lintho s’attire les jalousies des gens de son quartier qui pensent qu'il reçoit beaucoup d'argent. L’un d’eux décide de monter un complot pour que le marionnettiste soit arrêté. Le système défaillant de détention arbitraire amputera la vie de Linth o de 407 jours.

Prix du meilleur court métrage documentaire: Vanyan
Un film de Raymond Samedy / Haïti / 2019 / 15mn / Créole haïtien sous-titré français
Kébert Bastien, un musicien engagé, se livre dans une lutte sans merci pour concrétiser ce rêve de liberté et de bien-être nourri par Janil Louis-Juste, professeur à l’Université d’état d’Haïti, assassiné le 12 janvier 2010. En effet, pour pérenniser cette lutte et faire propager les idées de société du professeur, Kébert va devoir investir les rues de la capitale et se battre à côté des plus démunis pour pouvoir atteindre son idéal qui n’est autre que de voir une société plus juste et plus équitable.
 

Prix du meilleur web-doc : Marvin, Grand Ecran

Un film de Denis Sneguirev et Philippe Chevallier / France / 2020 / Web-série / 6mn30 
 
Marvin réalise son rêve : faire du Cinéma. Ancien professeur, il a abandonné l’Education nationale pour sa passion.
 
Prix SFR Jury du Meilleur Réalisateur: Érase una vez en Venezuela - Congo Mirador 
Un film de Anabel Rodríguez Ríos / Venezuela / 2020 / 1h39 / Espagnol sous-titré français
Sur les eaux paisibles du lac Maracaibo, une petite maison abîmée de fer et de bois tente désespérément de rester à flot tandis que, remorquée par un bateau, elle cherche un nouvel endroit pour s’installer. A bord, dans cette maison devenue carcasse, vont ceux qui en sont les habitants. Tout au long du film, cette image puissante, répétée plusieurs fois avec différentes familles, symbolise et synthétise la vie – et ce qu’il en reste – au Congo Mirador, un village lacustre au cœur du pétrole du Venezuela. Menacé par la sédimentation croissante et étouffé par de nombreux besoins, son peuple est radicalement divisé entre « chavistes » et l’opposition. Le documentaire suit, sur plusieurs années, la vie de certains d’entre eux, alors qu’ils luttent, entre le doute de rester et la peur de partir. Érase una vez en Venezuela – Congo Mirador n’est pas seulement l’histoire d’un lieu voué à disparaître, mais celle de l’espoir qui s’évanouit après la mort de Chavez et la nouvelle direction de la révolution bolivarienne.
 
Prix du public : 1979, Hmongs de Javouhey
Un film de François Gruson /France – Guyane / 2020 / 52mn
Ya, Ly, Stéphane, Clément, et Aurore sont Hmong. Après avoir quitté précipitamment leurs montagnes laotiennes pour se réfugier dans des camps en Thaïlande et fuir le régime communiste, les Hmong ont été accueillis en Guyane par l’État français afin de peupler et cultiver les terres de l’ouest de la région. Dès leur arrivée sur le tarmac de l’aéroport Félix Éboué de Cayenne un soir de novembre 1979, un vent de liberté les envahit. Enfin, après toutes ces années d’at tente, ils peuvent vivre leur vie et commencer à construire quelque chose, loin de leurs terres natales du Laos. 40 ans plus tard, comment la vie s’est-elle mise en place dans ce petit village de l’Ouest guyanais ? Comment les Hmong s’en sont-ils sortis ? Et comment perçoivent-ils l’avenir ?

Grand Prix FIFAC France Télévisions du Meilleur Documentaire: Massacre River
Un film de Suzan Beraza / Etats-Unis – République dominicaine / 2019 / 1h20 / ReelThings Films / Espagnol sous-titré français
En 2013, une décision de la Cour constitutionnelle de la République dominicaine a annulé les droits de citoyenneté de plus de 200 000 résidents d'origine haïtienne nés en République dominicaine. Une montée de la politique populiste a également vu surgir des foules violentes dans tout le pays, déterminées à voir la destruction des Dominicains noirs qui vivaient déjà sous la menace constante de la déportation. Face à l'indignation internationale, le gouvernement a mis en place un processus de régularisation, mais pour une durée limitée. Dans une course contre la montre, Pikilina, 23 ans, doit se démener pour rassembler les documents nécessaires pour prouver sa citoyenneté et l’obtenir aussi pour ses deux enfants. Ce terrible regard sur le visage du nationalisme survient plus de 80 ans après que le dictateur Rafael Trujillo a ordonné le massacre de plus de 12 000 Haïtiens vivant à la frontière nord. Avec l'histoire d'une femme de lutte, Massacre River propose une étude sur la précarité de la vie noire et le fantasme odieux des frontières.
 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live