Saisie record de cocaïne au port : la voie maritime, une nouvelle option pour les trafiquants en Guyane ?

trafic de drogue
Saisie record de cocaïne
Les 18 sacs contenant plus de 500 kilos de cocaïne au total, saisis au port de Dégrad Des Cannes par les policiers de l’OAFST (Office Anti Stupéfiants) et les gendarmes. ©Préfecture de Guyane
Retour sur la saisie de cocaïne réalisée jeudi soir au port de Dégrad Des cannes : plus de 500 kilos, un record en Guyane. Utilisée de longue date dans la Caraïbe et au Surinam, la voie maritime est une option désormais envisagée par des trafiquants en Guyane pour expédier la drogue vers l’Europe.
Sur ce coup-là, ils ont réalisé près de la moitié des saisies de l’année dernière en Guyane : plus de 500 kilos de cocaïne interceptés au port jeudi soir par les policiers de l’OFAST et les gendarmes. La nouveauté, c’est la quantité saisie. C’est aussi le mode de transport : la voie maritime, très peu présente dans les bilans des saisies jusqu’à présent.
 

Le record à l’aéroport Félix Eboué : 53 kilos de cocaïne dans les valises


La voie habituelle des trafiquants vers l’Europe, c’est l’avion, avec des mules nombreuses et des quantités plus modestes à chaque fois. Le record à l’aéroport Félix Eboué remonte à mars 2016, avec l’interception par les douaniers de 53 kilos de cocaïne dans les valises d’un groupe de trois passagers qui retournaient chez eux dans la région de Marseille, après des vacances en Guyane. 53 kilos, cela fait dix fois moins que la saisie de jeudi à Dégrad Des Cannes.
 
Saisie record de cocaïne au port : la voie maritime, une nouvelle option pour les trafiquants en Guyane ?
©Préfecture de Guyane

Le seul précédent connu par voie maritime ces dernières années en Guyane, c’est l’affaire des bateaux d’Ariane, avec 8 kgs de poudre blanche saisis en août 2019.
Aux Antilles en revanche, les affaires de trafic de stupéfiants passant par la mer sont plus fréquentes. Ainsi, en janvier 2019, les policiers ont intercepté 1 tonne 400 de cocaïne à Gennevilliers, dans les Hauts de Seine. La drogue était partie de Martinique dans un container de déchets industriels, débarqué au port de Dunkerque, puis acheminé en banlieue parisienne.
Autre affaire qui avait défrayé la chronique en avril 2015 : l’interception d’un voilier appartenant à un ressortissant espagnol, à 200 kms au large de la Martinique, avec à bord 2,2 tonnes de poudre blanche faisant route vers l’Europe.
 

1 tonne 300 de cocaïne saisie à Dunkerque dans un container venu du Surinam


Enfin, au Surinam, les trafiquants font passer ou tentent de faire passer de très grosses quantités par la voie maritime : ainsi, en avril 2019, la douane de Dunkerque a mis la main sur 492 kgs de cocaïne cachés dans un container de bananes parti de Paramaribo, via Pointe à Pitre, en Guadeloupe.
Le 3 août dernier, rebelote : plus d’1 tonne 300 de cocaïne est saisie à Dunkerque dans un container de riz venu du Surinam, destiné à la Belgique. Le record chez notre voisin reste la saisie de 2, 3 tonnes en janvier 2019 au port de Paramaribo, dans une cargaison de riz destinée au marché français, via la Guadeloupe.
L’enquête en cours sur l’affaire du port de Dégrad Des Cannes précisera si la drogue venait du Suriname, point de départ de la plupart des trafics constatés en Guyane.  
 
Que vont devenir les quatre suspects interpellés jeudi soir ?
Les suites de la saisie de plus de 500 kgs de cocaïne au port de Dégrad Des Cannes.
Le procureur de Fort de France doit faire le point aujourd’hui (lundi) sur ce dossier. S’agissant d’un trafic présumé de stupéfiants, les gardes à vue peuvent durer quatre jours.
Les suspects toujours mis en cause à l’issue de leur garde à vue devraient être présentés ce lundi devant le juge des libertés et de la détention.
Ils peuvent être incarcérés en Guyane, en attendant un transfert vers la Martinique pour être présentés devant le juge d’instruction.
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