L'esclavage est aboli depuis 165 ans à la Martinique

histoire
22 mai 2013
22 MAI à Fort de France ©Martinique 1ère
Le 22 mai 1848, quelques 60 000 esclaves de la Martinique se sont défaits de leurs chaînes, et de la servitude. En souvenir de ce jour, le 22 mai, est devenu à la Martinique le jour de la commémoration de l'abolition de l'esclavage.
22 mai, cette date commémorative est fériée en Martinique, suite à la promulgation de la loi commémorant l'abolition de l'esclavage dans les départements d'outre-mer, du 24 novembre 1983. De nombreuses manifestations ont marqué cette journée à Saint-Pierre, au Lamentin, au Lorrain à Schoelcher ou bien entendu à Fort de France

Dés Lundi soir, des centaines de personnes étaient aux Terres-Sainvilles à Fort de France pour commémorer ce 22 mai en présence de délégations de Sainte-Lucie et du Brésil notamment . Au programme : Chants, danses, poésie...

Le reportage de Catherine Gonier-Cléon Stéphane Jean-Pierre et Francinet Gros-Desormeaux

 

Sous la Révolution française, les députés de la Convention abolissent l'esclavage une première fois pour calmer la révolte des esclaves dans les colonies des Antilles et empêcher l'Angleterre de s'en emparer. Mais Napoléon Bonaparte abroge cette mesure le 20 mai 1802, sitôt acquise la paix avec l'Angleterre.

Ce faisant, le Premier Consul répond à une demande du Sénat et cède à la pression de sa femme, Joséphine de Beauharnais, née Tascher de la Pagerie, originaire de la Martinique.

En 1833, l'esclavage est définitivement aboli dans les colonies britanniques. La France attend l'avènement de la Deuxième République, quinze ans plus tard, pour suivre son exemple. Le décret d'abolition est publié grâce à la ténacité de Victor Schoelcher (44 ans), qui libère par décret 250.000 esclaves noirs ou métis aux Antilles, à la Réunion comme à Saint-Louis du Sénégal.

Le décret, qui prévoit l'abolition dans un délai de deux mois, arrive dans les colonies quatre à cinq semaines plus tard. Mais sur place, les gouvernants des colonies et les planteurs ont en général pris les devants. La plupart des Blancs ont compris depuis longtemps que l'abolition était devenue inéluctable et s'y étaient préparés en multipliant les affranchissements.

À leur manière, les esclaves ont aussi accéléré le mouvement. À Saint-Pierre, en Martinique, une insurrection a éclaté le 22 mai 1848, avant qu'ait été connue l'existence du décret. Même chose en Guadeloupe où le gouverneur abolit l'esclavage dès le 27 mai 1848 pour éteindre l'insurrection.

Conformément au décret de Schoelcher, les planteurs reçoivent une indemnité forfaitaire. Ils tentent aussi de reprendre la main en sanctionnant le "vagabondage" dans les îles à sucre : c'est une façon d'obliger les anciens esclaves à souscrire des contrats de travail. L'abolition dément les sombres prophéties des planteurs. Elle se traduit par un regain de l'activité économique dans les colonies.

Victor Schoelcher va militer avec moins de succès contre la peine de mort. Exilé en Angleterre sous le Second Empire, il est élu député de la Martinique à l'avènement de la République puis devient sénateur inamovible jusqu'à sa mort, le 26 décembre 1893. En reconnaissance de son civisme, la République a transféré ses cendres au Panthéon.
Les Outre-mer en continu
Accéder au live