Porto-Rico est au bord de la faillite

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Porto Rico
San Juan, Porto rico. ©CC BY Jorge Brazil
73 milliards de dollars ! C’est le montant de la dette accumulée par l’île de Porto-Rico, "la Grèce des Caraïbes". C’est aussi un montant que ne peut plus assumer le gouverneur de cet État libre mais associé aux États-Unis.

Une dette de 73 milliards de dollars ! C’est le montant de la dette de Porto-Rico. L’une des plus grandes îles de la Caraïbe, avec 8870 km² pour  un peu moins de 4 millions d’habitants, se déclare dans l’incapacité de faire face à ses remboursements.
 
Au cours de la dernière décennie, en plein marasme économique, la dette de Porto-Rico a doublé, et les investisseurs craignaient de plus en plus que le gouvernement ne soit à court de liquidités. Aujourd’hui, c’est officiel, et c’est le gouverneur Alejandro Garcia Padillo qui l’affirme dans un entretien au New-York Times: "l’île ne peut plus payer ses dettes" !
 

L’île ne peut pas "déposer le bilan"

Concrètement, Porto-Rico qui n’est pas un pays indépendant, mais un État-Libre, associé aux États-Unis, ne peut pas "déposer le bilan". Mais l’île peut demander des concessions à l’ensemble de ses créanciers, comme le report d’échéances ou l’allongement de la période de remboursement. Ce qui signifie qu’il faudra de nombreuses années pour résoudre ce défaut de paiement.
 

Un endettement plus important que la Californie

Aujourd’hui, Porto-Rico a un endettement obligataire municipal par personne plus important que celui de n'importe quel Etat américain. La dette dépasse celle de la Californie ou de l’État de New-York. Dès Avril dernier, le secrétaire d’État américain au Trésor, Jack Lew, qui surveillait la situation financière de l’île, avait appelé les autorités portoricaines à adopter un budget 2016 "crédible".         
 
Il avait alors fait savoir que l’Administration Obama était prête à aider et accompagner Porto-Rico. Les difficultés financières de Porto-Rico, celle qu’on appelle déjà "la Grèce des Caraïbes", ont secoué le marché américain des obligations municipales, échaudé par le précédent de la ville de Détroit qui s’était déclarée insolvable en 2013.