L'administrateur Alain Miroite invite les Antilles-Guyane et la Réunion à s’ouvrir à la circulation internationale

économie
Alain Miroite
Alain Miroite auteur de "Typologie des entreprises domiennes ©Martinique 1ere
Dans ce livre, l’auteur (par ailleurs avocat et administrateur judiciaire), met en parallèle le développement socio-culturel et structurel des Antilles-Guyane et de la Réunion, avec leur développement économique. Les deux ne seraient pas en corrélation selon Alain Miroite. 
Dans le contexte de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion, le "développement" et le "développement économique" semblent décrire deux réalités en opposition. Dans son avant-propos, Alain Miroite observe que l’élévation du niveau de vie, l’amélioration de l’éducation et des infrastructures, sont décorrélées des fac­teurs productifs.

Ce qui est mesuré comme un progrès, au travers notamment de l’évolution du PIB, se réalise sans développement économique réel, dans un climat de violence en croissance, avec un chômage stabilisé à 25% de la population active et des entreprises, dont le renforcement des performances n’est possible qu’en dehors des logiques admises par les lois de l’économie.

Alain Miroite constate en outre, que les entreprises de ces collectivités évoluent dans un environnement complexe, qui présente les mêmes caractéristiques.

De manière unanime souligne-t-il, tous les observateurs s’accordent à dire, sans que l’énumération soit limitative, que cette complexité résulte principalement :
  • De la taille des marchés, alimentés par des transferts de grande ampleur en provenance de la France hexagonale
  • De la surreprésentation du secteur public dont la commande reste le principal moteur de la croissance
  • Du caractère massif du chômage
Pour surmonter les contradictions observées, Alain Miroite préconise un renouvellement des outils conceptuels, permettant de penser le développement autrement.

Tout s’organise actuellement autour de la recherche de la plus grande productivité et le coût de la solidarité est perçu comme insupportable, alors que les citoyens de ces collectivités ont toujours privilégié ce facteur pour organiser le vivre ensemble.

Bref, il s’agirait de reconstruire le champ de l’économie autour de nouvelles règles et d'un nouvel état d'esprit, à partir d’un vocabulaire qui lui donne du sens et qui ne réduise pas tout à des statistiques, interprétées uniquement à la lumière des standards "européo-centrés".

Pour soutenir le développement espéré, il faudrait s’ouvrir à la circulation internationale, notamment dans l’environnement immédiat de ces quatre territoires (Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion), et se tourner enfin vers des productions à plus haute valeur ajoutée, la banane et la canne ayant un avenir menacé (…).

Dans ce livre de 296 pages, (préfacé par Philippe Jock, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Martinique), Alain Miroite résume in fine sa pensée par cette citation :

"il n’y a rien d’aussi urgent et puissant qu’une idée dont l’heure est venue" (Victor Hugo).

Le livre "Typologie des entreprises domiennes" est parue en décembre 2019, aux éditions L’Harmattan.
Alain Miroite
Docteur en droit, diplômé de l’institut d’études judiciaires de Paris et d’études ap­profondies de sciences politiques, Alain Miroite manifeste un intérêt particulier pour la finance et le restructuring. Après plus de vingt ans passés dans la banque, où il a occupé les fonctions de directeur du département juridique, fiscal et contentieux et participé comme directeur général adjoint à l’implantation du Crédit Mutuel aux Antilles-Guyane, il devient avocat spécialisé en droit économique et financier, puis ad­ministrateur judiciaire inscrit sur les listes commerciales et civiles.
 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live