Attaque de requin, quel risque en Martinique ? 

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Requin
image d'illustration ©www.aquaportail.com
L'autopsie confirme qu'une femme a été mortellement attaquée par un requin sur une plage de Saint-Martin jeudi 10 décembre 2020. L'île située à quelques centaines de kilomètres au nord de la Martinique, n'est pas si loin. Alors, doit-on s'inquiéter ?
438 kilomètres, c'est la distance entre la Martinique et l'île de Saint-Martin. Très peu pour ces squales capables de parcourir des distances très importantes grâce aux courants. 

Ainsi, l'attaque mortelle qui s'est produite jeudi après midi (10 décembre 2020) sur la Baie Orientale de l'île de Saint-Matin interpelle. Une femme d'une quarantaine d'années qui se trouvait au large de la plage a été attaquée et mordue par un requin. L'animal lui a sectionné une jambe et mordu en plusieurs endroits.

En Martinique, les seules possibilités de voir un requin, c'est sur les étals des marchands de poissons. En effet, les marins-pêcheurs en ramènent afin de satisfaire une clientèle qui apprécie la chair. Certaines espèces sont tout de même interdites.
 

Il y a certaines espèces de requin qui vivent avec nous. On ne les voit pas systématiquement, il ne se font pas voir et ils n'attaquent pas l'homme, mais ils sont présents.  

Il y a des requins au large de la Martinique. Il y a des requins-tigres, des makos, vaches, la plupart des espèces, sauf le requin blanc qui est hyper rare. Il y a eu quelques prises dans le canal de la Dominique, c'est déjà arrivé, mais ça fait très longtemps. Les plus connus en Martinique c'est le tigre et le mako. 

Olivier Marie-Reine, président du Comité Régional des Pêches et des Élevages Marins.


Une présence également confirmée par les scientifiques. Cependant, la Martinique serait moins attirante que d'autres îles de l'arc antillais. Interrogé par Christophe Arnerin, Stéphane Jérémie, océanographe à l'association SEPANMAR est catégorique. 
 

La différence entre les îles du Nord et nous, c'est qu'il y a beaucoup moins de nourriture au niveau des îles du nord qu'au sud de l'archipel des Petites Antilles en raison de la proximité des rejets amazoniens.
Plus on s'éloigne vers le nord, moins il y a de la vie et des poids en surface pour les requins. Donc ils auront plus tendance à rentrer vers les côtes pour fréquenter les hauts-fonds ou surfaces récifales pour pouvoir s'alimenter.

Le requin-tigre aime les eaux du large. Mais les eaux profondes sont plus proches du littoral au niveau des Îles du Nord, telles que Saint-Martin.

 
requins
©RS
 

À la Martinique, les requins-tigre existent dans nos eaux, ils sont plutôt au large. Ils se rapprochent à l'occasion des migrations. 

Nos marins-pêcheurs peuvent les pêcher occasionnellement. Mais ils se rapprochent très rarement du littoral. 

De plus, la plupart des plages, du sud notamment, sont protégées par des barrières coralliennes. Ce sont autant d'éléments physiques qui empêchent les animaux de se rapprocher des rives.

Par contre si on fréquente des zones non protégées, des précautions s'appliquent, surtout lorsqu'il y a eu des intempéries, si les eaux sont chargées de rejets fluviaux.

Stéphane Jérémie, océanographe à l'association SEPANMAR

 
Avec le film "Les Dents de la mer" et d'autres super productions hollywoodiennes, les requins semblent des animaux faisant de nombreuses victimes. Selon les scientifiques, "à l'échelle du globe, cinq attaques par an sont du fait du requin-tigre". Des faits vraiment exceptionnels et très rares.