Les clubs ne pourront aligner qu'un seul coureur étranger au tour de Martinique

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Le Comité Régional Cycliste de Martinique a voté un nouveau règlement qui stipule que les clubs ne peuvent aligner qu'un seul coureur étranger au prochain tour cycliste de Martinique. La Pédale Pilotine qui avait obtenu gain de cause par décision du tribunal le 5 juin dernier devra s'y plier. 
 
Après la décision du tribunal le 5 juin dernier, on pensait le dossier clos. Edwin Becera et Roniel Campos, les deux Vénézuéliens de la Pédale Pilotine (PP) prendraient le départ tour. Mais coup de théâtre, un nouveau règlement a été voté par les membres du Comité Régional Cycliste de Martinique. "Je sors d'un procès où le tribunal a annulé l'assemblée générale extraordinaire où on avait fait voter ce règlement sur la forme. Une fois que c'est annulé, le règlement du tour est annulé aussi et je ne peux pas faire un tour de Martinique sans règlement. Nous nous sommes réunis et nous avons mis en place un règlement voté par l'ensemble des membres du Comité Cycliste", justifie Alfred Defontis, le président.

Dans ce règlement qui s'appliquera pour le prochain tour de Martinique prévu du 7 au 15 juillet prochain, il y a une motion concernant les clubs qui ont deux coureurs étrangers, qui précise qu'un seul pourra y participer.

"Nous sommes organisateurs du tour de Martinique, nous mettons en place notre règlement, il y a des clauses dans le règlement de la Fédération Française de cyclisme qui nous donne l'autorisation de faire notre règlement", justifie-t-il. 
 

Une lettre ouverte de la Pédale Pilotine


Mais la Pédale Pilote ne voit pas les choses du même œil. Dans une lettre ouverte adressée au ministre des Sports, aux présidents de la Fédération Française de Cyclisme (FFC), de l'Union Cycliste Internationale (UCI), des comités cyclistes régionaux de France, le club de Rivière-Pilote marque son mécontentement.

Lettre ouverte de la Pédale Pilotine

Le club accuse le président du Comité Régional Cycliste de Martinique de "défier la justice et d'imposer sa politique discriminatoire à l’égard des coureurs étrangers". Et d'ajouter, "stigmatiser et jeter l’opprobre sur le coureur vénézuélien alors qu’il est parfaitement admissible aux compétitions régionales conformément à la réglementation de la FFC qui impose déjà̀ un quota de deux coureurs étrangers, s’apparente à de la xénophobie. Par ces propos, les coureurs étrangers subissent une discrimination de manière directe et délibérée".
Le peloton du Grand Prix Cap Nord (7 mai 2018).
Mais Alfred Defontis n'en démord pas et parle de "professionnalisme masqué" à l'image de la situation dans l'île sœur de Guadeloupe. "Ce n'est pas que nous sommes contre la venue des étrangers ici puisque contrairement à ce qu'on dit, ils sont ici et courent pendant toute l'année, mais le tour de la Martinique c'est un seul coureur. Pour les clubs qui en ont deux, c'est un. Ils savent ça, ils sont avertis, pourquoi ils prennent deux à chaque fois ? Ils n'ont qu'à prendre des cyclistes du groupe A ou B pour compléter leur équipe. Je ne comprends pas pourquoi on veut se battre, aller contre la politique sportive de notre territoire", ajoute-t-il. 

À une dizaine de jours du lancement du 37e tour cycliste international de Martinique, aucune des deux parties ne semble vouloir céder. L'année dernière, c'est le coureur vénézuélien de la Pédale Pilotine Jhonathan Sanilas qui avait remporté la 36e édition.