Crise sanitaire et sociale en Martinique : les élus prennent l'initiative pour une "désescalade rapide des tensions"

collectivité territoriale de martinique
Une déclaration commune des élus adoptée à l’unanimité pour une sortie de crise. ©Martinique la 1ère
Les élus de Martinique réunis le 26 novembre 2021 en Conférence territoriale, au siège de la CTM, ont adopté à l’unanimité une déclaration commune pour "une sortie de crise, souhaitée par tous".

Les élus ont obtenu du gouvernement (vendredi 26 novembre 2021) un délai supplémentaire aux soignants de Guadeloupe et de Martinique pour se mettre en règle vis-à-vis de la loi sur l'obligation vaccinale. L'annonce figure parmi les résolutions de la Conférence territoriale des élus de Martinique.

Les Parlementaires, présidents d’EPCI (Cacem, Cap Nord, Espace Sud), maires des 34 communes, conseillers exécutifs, chefs de file des groupes politiques, membres du bureau de l’Assemblée de Martinique et le Président du CESECEM réunis afin de sortir la Martinique au plus vite "de ce contexte inquiétant", soulignent les dirigeants de la CTM.

Barrage dans le sud Martinique
Barrage dans le sud Martinique. ©Thierry Sokkan

Des mesures pour une "désescalade rapide des tensions"

Les élus ont formulé des orientations sur plusieurs points :

  • L’annulation des suspensions de contrat ou des prélèvements de salaires à l’encontre des professionnels non-vaccinés ;
  • L’extension des mesures d’adaptation au 31 décembre 2021 annoncées pour les personnels soignants du CHUM, aux autres établissements hospitaliers et aux secteurs sanitaire, social et médico-social, y compris aux sapeurs-pompiers (souligné en début d'article);
  • L’extension de la mesure de blocage et de gel des prix du gaz et le déploiement du dispositif de chèque énergie ;
  • La mise en place d’un plan exceptionnel de lutte contre la précarité des jeunes entre l’État et les collectivités de Martinique.
    Manifestants sur les barrages
    Manifestants sur les barrages. ©Thierry Sokkan

Des mesures structurantes pour la santé et le développement en Martinique

Les élus de Martinique ont notamment exigé, comme pour la Guadeloupe, un financement à 100% de la reconstruction des centres hospitaliers Pierre Zobda Quitman, de Trinité, du Saint-Esprit, du Marin, du Carbet et du Centre Emma Ventura.

Ils se sont engagés à renforcer le dispositif "Tjenbé nou la" sur lensemble du territoire "dans la perspective d’un maillage de prévention de grande proximité à l’usager".

Les élus demandent à l’État une rencontre intermédiaire sous la forme d’une clause de revoyure avant le 31 décembre 2021.

Un comité de suivi sera établi afin de garantir la mise en œuvre des différents points de cette déclaration.

Barrage dans le sud
Barrage à Rivière Pilote. ©Thierry Sokkan

Cette initiative des politiques martiniquais intervient au terme d'une semaine qui a commencé par une grève générale contre la vaccination obligatoire et le pass sanitaire, et qui s'est transformée en révolte plus large contre les conditions de vie en Martinique.

En marge de cette mobilisation, le territoire est secoué par des scènes d'une violence inouïe marquées par des barrages incendiés, des pillages, des tirs sur les forces de l'ordre, dans une ambiance insurrectionnelle.