Crise sanitaire : le temps des explications est arrivé

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Coronavirus dépistage de masse
©maxnewsfour
Comment évaluer la réponse du gouvernement à la pandémie de Covid-19 ? Pour y répondre, une commission parlementaire d’enquête composée de trente députés de tous les groupes politiques de l’Assemblée nationale a ouvert ses auditions mardi 16 juin 2020.
Après l’orage, la tempête. C’est ce climat que va trouver la commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire. Les trente députés de tous les groupes politiques ont six mois pour mener les auditions jugées utiles pour éclairer l’opinion publique sur la stratégie gouvernementale face à la pandémie. Le bilan humain de cette catastrophe s’établit à près de 30 000 morts en trois mois, dont 14 en Martinique.

Les responsables politiques et administratifs concernés devront donner des explications sur leurs choix en matière d’achats de masques et de tests de dépistage. Ils devront répondre aussi sur la saturation des hôpitaux ou encore sur les drames survenus dans les EHPAD.

La présidente de la commission précise que celle-ci ne sera pas « un tribunal, ni un feuilleton télévisé ». Une référence à l’affaire Benalla. La commission d’enquête qui s’était emparée du dossier s’est terminée par un fiasco pour les députés. Il s’agit aujourd’hui « de comprendre pour corriger les éventuelles erreurs et en tirer des leçons, et non pour juger tel ou tel ».
 

Ni un tribunal, ni un feuilleton télévisé


Les dirigeants politiques seront entendus après la fin des élections municipales. Ce sont les anciens ministres de la santé du président Emmanuel Macron et de ses prédécesseurs François Hollande (2012-2017), Nicolas Sarkozy (2007-2012) et Jacques Chirac (1995-2012). A savoir Agnès Buzyn, Marisol Touraine, Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot. L’actuel ministre de la Santé, Olivier Véran, et le Premier ministre, Edouard Philippe, seront convoqués aussi.

Un tel travail d’investigation aurait été utile chez nous afin de clarifier les responsabilités des autorités locales dans la gestion de la crise. La sidération devant un phénomène inédit n’explique pas tout. Il serait intéressant de revenir sur le fait que la majorité des personnes contaminées par le virus ont été des cas importés. Ce risque était connu au moins deux semaines avant le début du confinement.

Plusieurs voix s’étaient élevées pour mettre un terme anticipé à la saison des croisières, en pure perte. Des militants politiques et associatifs et quelques médecins avaient réclamé également la limitation des liaisons aériennes avec l’Europe.

En pure perte, là aussi. Si ces mesures avaient été appliquées, la Martinique aurait-elle connu autant de cas ? Aurait-elle été aussi durement confinée ? Des questions auxquelles il faudra bien répondre un jour ou l’autre.
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