La faim menace le monde autant que le Covid-19

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Enfant Afrique
Enfant dans une foule sur le continent d'Afrique. ©France
Nous avons du mal à le percevoir depuis la Martinique, mais la faim risque de provoquer un drame aussi important que la contamination par le Covid-19 dans plusieurs pays.
 
Et si la crise sanitaire mondiale provoquée par le Covid-19 était, en réalité, une crise sociale mondiale ? De nombreux indicateurs montrent une dégradation, lente ou brutale, des conditions de vie de larges fractions des habitants de la Terre. Parmi ces graves carences mettant en péril l’équilibre de plusieurs pays, la menace de la faim.

Le nombre de personnes sous-alimentées pourrait augmenter de 14 millions si la récession mondiale atteint 3%. Si la récession atteint 10%, il faudra compter 80 millions de personnes sous-alimentées supplémentaires. Une estimation publiée par la FAO, l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture.

La planète compte déjà 821 millions de personnes souffrant de la faim, un neuvième de sa population. Autant dire que l’objectif d’abolition de la faim en 2030 fixé par la communauté internationale est impossible à atteindre.
 

La faim n’est pas sur le point de disparaître


Aujourd’hui, plusieurs dizaines de millions de personnes vivant dans les pays pauvres ou dans les zones les plus pauvres des pays riches ont plus de risques de mourir de faim qu’à cause du virus. Leur priorité ? Se nourrir, avant de se soigner et encore moins de rester confinés. Protéger la population contre la propagation du virus revient aussi à la condamner à la malnutrition dans de nombreux cas.

Or, celui ou celle qui se nourrit mal aujourd’hui souffrira d’une santé plus fragile demain, fragilisé par ses carences en vitamines et en nutriments. Ce qui entraînera l’augmentation des maladies causées par une alimentation mal équilibrée. Et donc, par un affaiblissement général des conditions sanitaires dans le pays concerné.
 

Lier crise sanitaire et crise alimentaire


Les maladies liées à la faim ne se résument pas à la sous-nutrition. L’obésité en est une autre forme. D’où la nécessité de coupler la résolution de la crise sanitaire à la prévention de la crise alimentaire à l’échelle de la planète.

Après la gestion de l’urgence sanitaire, il conviendra de s’attaquer à l’urgence environnementale. Or, de nombreux acteurs économiques font pression sur leurs gouvernements pour s’exonérer de leurs obligations en matière de protection de l’environnement.

La fracture entre écologie et économie n’est pas sur le point d’être réduite. Le monde sera différent après la pandémie, entendons-nous ici et là. Mais rien ne dit qu’il sera plus sûr, plus apaisé et plus égalitaire.