Incident à la distillerie JM : socioprofessionnels et politiques martiniquais condamnent

entreprises
Distillerie JM à Macouba
La boutique de la distillerie JM a été vandalisée par des manifestants qui revendiquaient contre des éléments "esclavagistes" sur la bouteille. ©Distillerie JM

Les manifestants ont quitté la distillerie JM à Macouba qui demeure fermée ce dimanche 14 février 2021. Politiques et socioprofessionnels de l'île condamnent les incidents de ces deux derniers jours. 

Dix présidents de Chambres Consulaires et d'organisations socioprofessionnelles de Martinique ont signé ce communiqué de presse intitulé "une violence inacceptable !".

C'est une vive réaction après les événements qui se sont produits le vendredi 12 février 2021 à la distillerie JM à Macouba. Les organisations cosignataires de ce communiqué qui représenteraient plus de 25 000 entreprises "dénoncent fermement ces exactions".

 

Communiqué de presse "Une violence inacceptable"

 

 

Cette violence est contraire à la démocratie et est une entrave à la construction commune. Les organisations cosignataires appellent cependant à l’apaisement, au dialogue et à la responsabilité de chacun pour que cessent de telles violences sans issue pour la Martinique.


À titre personnel, le président et les membres de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) s'étaient déjà exprimé en condamnant "fermement les événements violents". 

Ils en appellent au dialogue responsable entre Martiniquais pour construire ensemble une Martinique plus juste et plus démocratique. 


Les politiques


Élus et hommes politiques de différentes orientations ont eux aussi réagi. C'est le cas de Philippe Petit, président de l’UDEM et de la Fédération de l’UDI Martinique. 

L’UDEM et la Fédération UDI Martinique dénoncent et condamnent les exactions et saccages commis dans une distillerie de Macouba, au nom d’une idéologie Rouge, Vert, Noir contraire à la pratique et à l’idéal Républicain.

 

L’UDEM et la Fédération UDI Martinique dénoncent ceux qui, dans les milieux politiques, explicitement ou implicitement, cautionnent ce genre de comportement.

À l’heure des difficultés économiques et sociales mondiales, amplifiées par la crise Covid, l’UDEM et la Fédération UDI Martinique continueront à prôner des valeurs de rassemblement et de fraternité, au lieu de valeurs d’exclusion et de séparatisme, mortifères pour l’ensemble des Martiniquais. 


Le mouvement politique Renaissance Martinique parle de "comportements de voyous". 

La violence n’a jamais été un mode de fonctionnement dans une démocratie : le seul moyen légal pour être entendu, reste la voie des urnes.

 

Se parer de motifs pseudo idéologiques en brandissant des drapeaux Rouges Verts Noirs, ne permet pas de justifier des comportements de voyous ; et ceux qui tolèrent voire encouragent ces exactions se décrédibilisent.

 

Leur seule volonté est bien d’instaurer la peur, l’insécurité et l’instabilité dans une société fragilisée, mais consciente du sens de ces attaques.

La population n’a pas oublié 2009 et la trahison de ceux qui étaient censés les aider en les guidant !

 

Pour notre part, nous ne saurons accepter de tels actes, d’où qu’ils viennent.


Pour sa part, Ralph Monplaisir, le maire de Case-Pilote qualifie les faits d'une "inadmissible action de vandalisme".

Ma conviction profonde non seulement en tant qu’élu du peuple, mais en tant que simple citoyen est qu’il faut condamner avec la plus grande fermeté ce type de pratiques devenues depuis quelque temps trop courantes dans notre pays -Martinique .

 

Étant tout particulièrement attaché aux principes républicains et aux valeurs humanistes, je ne peux plus tolérer ces dérives d’un petit groupuscule ultra minoritaire s’autorisant à commettre les exactions les plus graves contre des biens publics et privés pour imposer par la terreur, son point de vue ultra minoritaire .  

 

Aussi non seulement je condamne à titre personnel cette pratique d’exactions, mais je crois que le moment est venu d’un sursaut citoyen de protestation pacifique. Pour éviter que ce déferlement de haine ne finisse par gangréner notre capacité de vivre ensemble et notre lien social dans notre société martiniquaise déjà fragilisée par la conjoncture pandémique extrêmement contraignante.


Bien que libéré, le site de la distillerie JM est resté fermé ce dimanche 14 février 2021. Plusieurs manifestants avaient été interpellés entre vendredi 12 et samedi 13 février 2021. Ils ont tous été relâchés confirme la gendarmerie.

Les Outre-mer en continu
Accéder au live