L'élimination des pesticides dans l’agriculture, un combat de longue haleine

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Mobilisation anti-pesticides
Mobilisation du collectif des ouvriers agricole et de l'association zéro Chlordecone, contre Monsanto-Bayer et l'agrochimie (15 mai 2021 au Lamentin). ©Fabrice Defremont

La 9e édition de la Marche contre l’agrochimie du samedi 15 mai 2021 dans toute la France et en Martinique, a permis de mettre en avant l’impératif du retour à une agriculture saine. Un message qui trouve un écho de plus en plus grandissant depuis une décennie.

L’agrochimie tue. Tel est le message principal déclamé lors de la neuvième édition de la journée d'action contre la firme Monsanto-Bayer. Cette multinationale est le leader mondial des producteurs de produits phytosanitaires. Il ne doit rien au hasard qu’elle a été choisie comme symbole des tares de l’agriculture industrielle mortifère.

Dans plusieurs villes de France et chez nous, les manifestants ont souhaité porter un autre message : un autre type d’agriculture est possible et souhaitée. Il en va de l’avenir de la planète et de ses habitants. Ces idées simples sont ressassées depuis une bonne décennie un peu partout dans le monde par des militants écologistes et humanitaires. Et aussi par des agriculteurs et bien entendu, par des citoyens.

Ils prétendent que nous atteignons les limites de la logique de l’agriculture industrielle consistant à produire des quantités de plus importantes de denrées alimentaires pour nourrir un nombre de plus en plus élevé de personnes. Ce qui entraîne les agriculteurs à utiliser massivement toutes sortes de produits chimiques, donc toxiques, pour augmenter des rendements au-delà de ce qu’offrent les cycles naturels.

Mobilisation anti-pesticides
©Fabrice Defremont

Qui dit pesticides dit course au profit

 

L’utilisation massive des produits phytosanitaires entraîne la recherche des bénéfices à tout prix. Ce qui implique l’agrandissement des surfaces agricoles par la concentration capitaliste, la diminution du nombre de paysans et de salariés agricoles. De proche en proche, les paysages sont transformés et l’exode rural s’intensifie. Pour survivre, l’agriculteur devient un industriel.

Dans les pays pauvres, des territoires sont spécialisés en lieux de production de denrées pour l’exportation. Le soja au Brésil, les haricots verts au Burkina Faso, la banane en Amérique centrale et aux Antilles. Ces produits ne sont pas consommés là où ils sont cultivés. Nous savons que les pesticides qui y sont utilisés sont nocifs pour la santé humaine. Nous en vivons l’amère expérience, en Guadeloupe et en Martinique, avec le chlordécone.

Mobilisation anti-pesticides
©Fabrice Defremont

Le retour à la vocation de l’agriculture ?

 

Une autre agriculture est souhaitable, ont également scandé les participants à la marche. Le paysan a toujours nourri sa famille, ses voisins, son terroir, son pays. Aujourd’hui, il lui est demandé de produire pour enrichir d’autres, dont les firmes agrochimiques. Fort heureusement, un lent mouvement de retour à l’agriculture nourricière se manifeste sur tous les continents.

Il a été largement question, lors de cette marche contre l’agrochimie, de revenir à la dimension humaine de l’agriculture. Notamment en s’orientant vers l’autosuffisance alimentaire. Et donc l’autonomie politique. Le débat est ouvert.

Ce n’est pas un hasard si cette année, un large écho a été donné aux procédures judiciaires en cours ou terminées. Ici et ailleurs, de nombreuses victimes des firmes agrochimiques exigent des réparations pour les préjudices subis. Un combat qui finira par payer, si tant est qu’un autre monde est possible et souhaitable.