L’OFB démantèle les réseaux de trafic d’animaux et protège la biodiversité de la Martinique

animaux
OFB trafic animalier
Les agents de l'OFB et de la douanes s'occupent des animaux saisis. ©Douane SEJF
Les agents de l’Office Français de la Biodiversité ont stoppé après 18 mois d'enquête, un vaste trafic d'animaux. Outre leurs prérogatives dans ce domaine, ils assurent la protection de la nature mais aussi du patrimoine martiniquais. Rencontre avec des inspecteurs pas comme les autres.

L'acronyme OFB ne vous dit peut-être rien. Il s’agit de l’Office Français de la Biodiversité. Cette unité composée de sept personnes (bientôt huit), est basée à l’Anse-à-l’Ane aux Trois-Ilets.  

Ces inspecteurs, parés de leur uniforme gris, avec un écusson OFB sur la manche et la mention "police de l’environnement" au dos, sillonnent la Martinique afin de préserver, sauver et restaurer la biodiversité locale. Ils sont aussi garants du respect du code de l’environnement. 

 

 

 

17 personnes interpellées, 283 animaux saisies


Ces hommes sont à l’origine du démantèlement d’un important trafic d’animaux entre la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la France. Une enquête longue de 18 mois a permis d’interpeller 17 personnes et de sauver 283 animaux, quasi exclusivement des reptiles dont 175 spécimens du genre Python (adultes, jeunes et œufs).

Ils ont aussi pour mission de relâcher ces animaux quand cela est possible dans leur milieu naturel. C'est ce qui s’est d’ailleurs produit à la suite de cette récente opération, avec des scorpions endémiques de Martinique.  

 

 

Les autres espèces saisies ont été confiées à des structures homologuées comme le zoo de Martinique ou celui de Guadeloupe, ainsi qu'à des particuliers munis des certifications adéquates. Malheureusement, certaines espèces ne trouveront pas de nouveaux refuges et la magistrate en charge du dossier pourrait être contrainte de les faire euthanasier. 

Filatures, écoutes...


Pour parvenir à un tel résultat, les inspecteurs de l'OFB, renforcés par d'autres services, ont mobilisé un nombre important de leurs modes et moyens de travail dont ils disposent : filatures, cyber surveillance…

On a principalement des prérogatives sur le code de l’environnement.

Cela se traduit par la lutte contre l’érosion de la biodiversité, la lutte contre les pollutions fluviales, l’atteinte aux habitats ou aux espèces, les trafics illicites…

C’est tout un panel de missions en faveur de la protection de la nature. 


"Difficultés dans la préservation de la biodiversité"
 

La Martinique a, comme tous les territoires français, des difficultés dans la préservation de la biodiversité de manière générale.

 

On s’en sort plutôt bien avec par exemples les populations de tortues ou la protection de la mygale endémique de la Martinique, ou encore avec le trigonocéphale, le fer-de-lance propre à l’île.

(Un inspecteur de l'environnement)

 

 

lambis
La pêche aux lambis est très règlementée ©Martinique la 1ère

 

Concernant les trafics de lambis et d'oursin blanc, "il s'agit d'un véritable pillage des eaux martiniquaises, mais aussi de celles de tout l'arc antillais" soutient l'inspecteur.

Le trafic animalier, le 4e trafic le plus rentable après la drogue, les contrefaçons et la traite d'êtres humains


Le service est particulièrement attentif au trafic de ces deux espèces. Il interpelle les pêcheurs qui s'aventurent dans les zones de cantonnements ou interdites, ainsi que ceux qui utilisent des méthodes illégales.

Les trafics animaliers, dont le plus connu est l’ivoire, est l’activité illicite la plus lucrative au monde, derrière le trafic de drogue, les contrefaçons et la traite d'êtres humains, selon le WWF et l'IFAW.

Certains de nos concitoyens sont des "trafiquants" sans le savoir. De nombreuses espèces en Martinique sont en effet protégées, il est donc interdit de les détenir, et/ou d’en faire un commerce. Une personne qui capture un scorpion par exemple, ou tout autre animal sur la liste des espèces protégées, est en infraction. Pour pouvoir détenir ces espèces, il est possible de passer des certifications. 

Tous contrevenants s’exposent aux sanctions les plus importantes prévues par le code de l’environnement, c’est-à-dire 3 ans d’emprisonnement et jusqu’à 150 000 euros d’amendes. 

"Protéger la nature, les animaux et le patrimoine"


Les acteurs de l’Office Français de la Biodiversité font ce métier "par passion" se félicitent-ils. Mais les renseignements spontanés des citoyens sensibles à cette cause, "sont les bienvenus" ajoute l'Office, fidèle à sa mission : "protéger la nature, les espèces, notamment celles qui sont endémiques et conserver la haute valeur patrimoniale".