Les courants marins génèrent l'échouage de nombreuses "méduses" à Schoelcher

météo
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De nombreuses méduses dans l'eau et sur la plage à Schoelcher ©Stéphane Jean-Pierre (Martinique la 1ère)

Promeneurs et nageurs ont découvert de nombreuses "méduses" sur la plage du Lido à Schoelcher mardi matin (2 mars 2021). Un phénomène non isolé et qui, selon les spécialistes, serait lié au vent qui génère des courants marins différents.

Sur la plage du Lido à Schoelcher ce mercredi matin (3 mars 2021), il n'y a plus aucune trace des "méduses". 
Les promeneurs font leur petite marche matinale et les nageurs leurs longueurs. Mais ces habitués du site partagent volontiers leur surprise de la veille. 

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Plage du Lido à Schoelcher ©PPF (Martinique la 1ère)

De temps en temps on en voit, mais hier, il y en avait énormément. Sur toute la plage, dans l'eau, c'était la ruée.

Un baigneur

 

Même si cela a pris un peu plus de temps que d'habitude, certains se sont tout de même accordés une baignade en compagnie de ces invités envahissants. 

Elles étaient très belles, transparentes et puis au centre marron, violet. 

 

Cela ne m'a pas inquiété plus que ça. On s'est baigné. Ce n'était pas les plus méchantes. Ça ne grattait pas, on était au milieu, on était dedans.

Un couple de baigneurs

Ce ne sont pas des méduses !

 

Il faut dire que les pêcheurs ont rapidement rassuré les présents sur le caractère inoffensifs de ces animaux aquatiques. 

Les pêcheurs que nous avons rencontrés, nous ont dit que c'était dans la catégorie des mollusques translucides. Qu'ils ne sont pas dangereux et qu'on ne peut pas les considérer comme des méduses.

Un baigneur

 

 

 

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Méduse sur le sable. ©Stéphane Jean-Pierre (Martinique la 1ère)

D'après le pêcheur, ils sont inoffensifs, c'étaient des "planctons"

Un marcheur

 

 

En effet, Mathilde Brassy, responsable du Pôle "Mer" au Carbet des Sciences, il ne s'agit pas de méduses, mais de cténaires ou cténophores à ailes tachetées.

Le groupe des cténaires, faisant partie du macroplancton, est souvent confondu avec les méduses.

 

Ce sont de petits invertébrés de quelques centimètres, translucides, flottants, qui ne piquent pas (absence de cellules urticantes appelées cnidoblastes).

 

Particulièrement abondant dans les mers tropicales et polaires, ils possèdent le plus souvent huit rangées de palettes équipées de cils vibratiles, leur permettant de nager, qui s’irisent à la lumière.

Ils peuvent avoir des formes très variables et se nourrissent zooplancton qu’ils piègent avec une sorte de glue.

 

Une phénomène lié à la météo 

 

Cet échouage n’est pas un cas isolé. À Schoelcher, aux Trois-Îlets ou encore aux Anses d’Arlet, des riverains ont rapporté la présence d’espèces marines inhabituelles, ces dernières semaines. Selon les spécialistes, les vents forts du moment ne seraient pas innocents.

La problématique du moment est que l’alizé est très marqué et donc les courants que l'on a classiquement sont vraiment perturbés.

 

Vous avez des fois des colonies de méduses qui sévissent beaucoup plus au large, qui vont se retrouver soit près des côtes ou dans des lieux qui ne sont pas les leurs. 

 

C'est un peu ce qui c'est passé avec les krills, sur les plages du Sud. Ce sont de micro crevettes, de moins d'un centimètre, dont se nourrissent les cétacés. Ce week-end, on a un banc de krills qui s'est échoué et cela a généré l'émoi. 

Pascal Saffache, professeur des universités à l'Université des Antilles

 

Méduses dans l'eau
©Stéphane Jean-Pierre (Martinique la 1ère)


Bien que très surprenant, par rapport à la quantité de ces animeaux dans l'eau et échoués sur les plages, ces évènements ne doivent pas inquiéter pour autant. 

C’est essentiellement lié aux courants marins et ces courants marins sont liés aux mouvements aéologiques, à l'alizée qui est quand même très très établis ces jours-ci et encore pour quelques jours. 

 

Ça n'a rien d'alarmant, c'est juste lié au vent. Mais cela créé quelques perturbations. 

 

La mer est plus froide en ce moment, donc les poissons migrent vers des zones où l’eau est plus chaude. Et les courants sont vraiment très différents de ce que l'on a l'habitude d'avoir à cette période. 

Donc je suis sûr que dans les jours prochains, on aura soit l'apparition de d'autres bancs de krills ou de choses qui vont s'échouer sur les plages.

 

C'est toujours intéressant de voir comment on peut être dépendant de tous ces éléments et particulièrement du vent. 

 

Selon Météo France Martinique, ce mois de février 2021 a été beaucoup plus venté que d'habitude. De plus, le nombre de jours avec des rafales de vent supérieures à 60km/h a été également plus important.