Les élus de Martinique réclament une adaptation des mesures de confinement

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Préfecture de Martinique
Façade de la préfecture de Martinique ©Préfet de la Martinique
Depuis l'annonce du maintien du confinement du préfet Stanislas Cazelles vendredi 20 novembre 2020, les réactions des hommes et femmes politiques de Martinique se multiplient. Tous souhaitent l'adaptation du confinement aux réalités et spécificités locales.
Pour réduire le nombre important de cas de coronavirus en Martinique, le préfet Stanislas Cazelles a choisi le confinement. Une solution qui frappe de plein fouet des entreprises déjà en difficulté après 3 semaines de fermeture et des investissements pour s'équiper afin de respecter les consignes sanitaires. 

Par le biais d'un communiqué, Béatrice Bellay, Première Secrétaire Fédérale du Parti Socialiste,  a indiqué que la Fédération Socialiste de Martinique (FSM) "est plus que jamais solidaire des commerces qui, injustement, ont été classés comme "non essentiels" par le gouvernement".

La Première Secrétaire affirme être favorable à "une mesure de couvre-feu renforcée".  

Voir le communiqué de la Fédération Socialiste de Martinique (FSM)

Pour la sénatrice Catherine Conconne, le déconfinement de la Martinique est important afin de relancer l'économie de l'île, mais la santé des Martiniquais reste primordiale.
 

Je rappelle un chiffre important qu"il faut retenir, la limite acceptable c'est 50 pour 100 000. Jeudi la Martinique était à 97 pour 100 000. Autrement dit deux fois le seuil acceptable.

Donc effectivement on note une baisse puisqu'on n'est passé en dessous de la barre des 100, mais pour l'instant nous sommes encore au seuil d'alerte alors comment concilier la préservation de la vie humaine parce que c'est de ça dont il s'agit et l'économie, c'est très compliqué. C'est extrêmement compliqué.

Personne ne gagne à un confinement. Ni les élus, ni l'État, ni le préfet, ni les commerçants, personne. Et généralement nous sommes toujours en train de nous demander comment on peut sortir de ça.

Donc c'est ce débat que nous avons régulièrement avec le préfet qui consulte beaucoup et au vu de nos débats, il devra faire des annonces qui ne vont pas plaire à tout le monde, comme d'habitude, mais qui vont effectivement peut-être vers un assouplissement. Ne serait-ce pour les commerces puisque c'est ce qui nous préoccupe.


Le sénateur Maurice Antiste comprend la situation et les difficultés des chefs d'entreprises martiniquais. 

Ils ont l'impression d'une injustice vis-à-vis d'eux qui sont les acteurs de cette économie par rapport aux autres français d’Hexagone.

Ils trouvent que c'est pénible et qu'ils payent un peu trop donc ils demandent un assouplissement des mesures et surtout qu'on leur explique. Ils ne comprennent pas que l'économie puisse souffrir autant face à des mesures dites sanitaires indispensables. Et on peut les comprendre. C'est vrai que les chiffres d'affaires volent en éclat et c'est vrai qu'il y a lieu de s'apitoyer sur leur sort.

Mais ils reconnaissent quand même qu'il ne faut pas sacrifier le côté sanitaire pour l'économie. 


Dès l'annonce, d'autres élus s'étaient déjà mobilisé. Des élus de l’Assemblée, de l’Exécutif de la majorité et de l'opposition qui composent la commission Ad Hoc Gestion de crise sanitaire COVID 19 de la CTM (Collectivité Territoriale de Martinique), ont manifesté leur désir d'échanger avec le préfet. Dans une lettre en date du 12 novembre 2020, Didier Laguerre, le maire de Fort-de-France et le député Serge Letchimy demandaient à Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, "d’atténuer les mesures concernant les commerces dits non-essentiels".Quelques jours plus tôt, la député Manuela Kéclard-Mondésir avait adressé un courrier au préfet "afin de demander la réouverture des commerces de proximité et la célébration des messes et autres offices religieux".
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