Les infirmières et infirmiers libéraux de Martinique sont inquiets pour leur sécurité

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Infirmière
Intervention à domicile d'une infirmière. ©Elbaartoo de Pixabay

Après l’agression et les attouchements subis par une professionnelle lors de sa tournée à Fort-de-France dimanche 30 mai 2021, les infirmières et infirmiers libéraux réfléchissent sur les "solutions à mettre en place rapidement", afin de garantir leur sécurité.

Dimanche 30 mai 2021 dans la matinée, une infirmière a été agressée en sortant d’une visite chez un patient du quartier Volga-Plage à Fort-de-France. L’assaillant qui l’a approchée par surprise alors qu’elle regagnait son véhicule, a voulu subtiliser son téléphone portable.

Dans la foulée, l’infirmière a subi les attouchements de son agresseur avant que ce dernier ne prenne la fuite. Il n’y a pas eu de témoin, mais la soignante a porté plainte.

Quant à l’auteur des faits, (un jeune de 18 ans, qui a été interpellé lundi 31 mai 2021 chez lui, par la police), il n'en serait pas à sa première tentative d’après Marie-Line Dubréas, présidente de la Fédération Nationale des Infirmiers Libéraux en Martinique.

L’Ordre a été saisi, car les agressions commencent à se multiplier en Martinique. Il y a quelques jours, c’est un médecin qui a été agressé dans l’exercice de sa profession. En France métropolitaine c’est courant, mais c’est la première fois que cela prend une telle proportion en Martinique.

 

On tâchera de travailler avec les praticiens, mais aussi la police et les autorités compétentes, pour des actions communes. En tous cas il faut que les gens apprennent à nous respecter car ce sont leurs parents ou un membre de leur famille que nous soignons au quotidien.

 

"Pourquoi une telle violence" ?

Et il faut aussi préciser que nous n’avons ni argent ni métaux précieux sur nous, alors pourquoi une telle violence à notre encontre ?

 

De toutes les façons, on va mettre en place des solutions afin de garantir notre sécurité. Pour l’instant nous sommes encore sonnés car on ne pensait pas que cela arriverait un jour chez nous. De plus, nous subissons aussi parfois l’agression de certains patients ou de leurs proches.

(Marie-Line Dubréas - FNIL)

 

Toute la profession est évidement touchée par ce qui s’est passé dimanche dernier. Nous entendons protester, dénoncer et condamner ces agissements. Un jour de fête des mères en plus, c’est juste traumatisant.

 

Nous espérons une action collective de l’ensemble des syndicats de la profession, de l’URPS infirmiers (l’Union Régionale des Professionnels de Santé), et de l’Ordre des infirmiers.

(Marie-Noëlle Delannay, présidente de Convergence Infirmière 972)

 

Le SNIIL (Syndicat Nationale des Infirmières et Infirmiers Libéraux, section Martinique), condamne cette agression bien évidemment et nous portons notre soutien total à la collègue concernée.

 

Nous allons travailler sur la sécurité de toute la profession, pour trouver des solutions adaptées aux spécificités du métier, mais nous comptons aussi sur la vigilance et la défense de la population.

(Gilberte Ruster - membre du SNIIL et de l’URPS infirmiers)

 

Le ras le bol de la profession

 

D’après plusieurs témoignages, ces professionnels de santé sont souvent pris à partie (insultes, dégradation des véhicules...). Mais l’agression du week-end dernier est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et provoque le ras le bol général du secteur.

Les médecins libéraux subissent également des agressions, d’où la réflexion collégiale que les soignants à domicile entendent engager, afin de se prémunir contre l’insécurité.

Un métier pénible

 

Ces professionnels sont d’autant plus déterminés à réagir face à la multiplication des agressions, que le métier est déjà pénible au quotidien. Nathalia, diplômée depuis 2008, a choisi d’exercer en libérale en Martinique, comme sa mère autrefois.

Les journées de travail de l’infirmière à domicile débutent aux aurores. En effet, la tournée commence souvent à 4h30 et peut se finir à 21 heures.

C’est un métier très intéressant, mais il fait perdre pas mal de plumes en route.

 

L’arrivée de l’épidémie de Covid-19 a accéléré l’épuisement des professionnels de santé. Malgré les négociations du Ségur de la Santé, les infirmiers libéraux se sont sentis oubliés. Des conditions de travail particulièrement difficiles qui s’additionnent à la solitude et aux difficultés de prendre des congés ou de pouvoir se consacrer à sa vie personnelle.

(Nathalia - Source : medicalib.fr)

 

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