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Economie Outre-mer: 2014, année "plus positive", optimisme "raisonnable" pour 2015 (IEOM)

- La conjoncture économique dans les départements et collectivités d'outre-mer a été "plus positive" en 2014 qu'en 2013 et l'année 2015 permet d'être "raisonnablement optimiste", ont estimé vendredi les dirigeants de l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM/IEDOM).
SOPHIE LAUTIER / A.F.P.

  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le



- La conjoncture économique dans les départements et collectivités d'outre-mer a été "plus positive" en 2014 qu'en 2013 et l'année 2015 permet d'être "raisonnablement optimiste", ont estimé vendredi les dirigeants de l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM/IEDOM).


"La conjoncture est plus positive en 2014 qu'en 2013", a déclaré Nicolas de Sèze, directeur général, notant un "redressement" du climat des affaires, basé sur une enquête auprès d'un millier de chefs d'entreprise.
Cette évolution est évidemment contrastée selon les territoires: Guadeloupe et Martinique peinent à confirmer le redressement de 2013, la Guyane s'est dégradée toute l'année en raison d'une forte chute d'activité du BTP, La Réunion a rapidement progressé au premier semestre avant de se replier légèrement, Mayotte reste "volatile", alors que la Polynésie décline et que la Nouvelle-Calédonie a été en hausse toute l'année.
"L'inflation a reculé ce qui est synonyme de gain de pouvoir d'achat et du coup la consommation des ménages est mieux orientée", a souligné M. de Sèze. En 2014 la baisse mondiale des prix de l'énergie a convergé avec des mesures prises par le gouvernement pour réguler les prix. Ainsi, l'inflation a été contenue entre 0,2% à La Réunion et 0,9% à Mayotte, proche du niveau national (0,5%).
"Mais il y a toujours des bémols: le marché de l'emploi reste toujours dégradé avec des taux de chômage entre 20 et 30%, structurellement plus élevé qu'en métropole", a souligné Nicolas de Sèze même si "la hausse du chômage s'est ralentie". Sans compter que le chômage des jeunes peut atteindre jusqu'à 60%.
Une "inflexion" est ressentie à La Réunion, portée par "le chantier de la nouvelle route du littoral et une embellie du BTP" tandis qu'à la Martinique elle s'explique par des actifs "qui n'hésitent plus à migrer pour aller chercher du travail ailleurs", a expliqué Thierry Latreille, responsable d'études.
Dans ce contexte, la reprise de l'investissement est fragile avec toutefois une hausse des crédits d'investissement. "Dans l'ensemble des outre-mer, il y a une vision plus confiante de l'avenir : les chefs d'entreprises ont estimé qu'il était temps de renouveler du matériel après des années d'attentisme", a fait valoir Philippe La Cognata, directeur de l'IEOM/IEDOM.
Enfin, l'épargne collectée est "dynamique" dans les DOM comme dans les COM. "Dès que la visibilité sera meilleure, les entreprises auront des liquidités pour investir", a estimé M. La Cognata. "Nous sommes raisonnablement optimiste pour 2015", a-t-il conclu. ( sla/frd/sd / AFP )         

A  L I R E  A U S S I  :

DEFISCALISATION Outre-mer: assurances aux entreprises, demande de contreparties
Par SOPHIE LAUTIER / AFP         
GEORGE PAU-LANGEVIN, MINISTRE DE L' OUTRE-MER LORS D' UN VOYAGE A LA REUNION © MUSTAPHA BOURA
© MUSTAPHA BOURA GEORGE PAU-LANGEVIN, MINISTRE DE L' OUTRE-MER LORS D' UN VOYAGE A LA REUNION

George Pau-Langevin a donné vendredi 10 avril 2015 des assurances aux entreprises d'outre-mer sur le déblocage des aides fiscales et leur inscription dans le temps, et attend en retour des contreparties en termes d'emploi dans ces territoires au chômage endémique.
"Nous avons répondu aux principales interrogations du patronat, et face à ces efforts considérables (consentis depuis 2012, ndlr), il est urgent de voir que cela sert à quelque chose, qu'il y a des contreparties en terme d'emploi", a déclaré la ministre des outre-mer à la presse.
Dans son discours à l'assemblée générale de la Fédération des entreprises d'outre-mer (Fedom), Mme Pau-Langevin a affirmé avoir levé les blocages avec le ministère des Finances sur les dossiers de défiscalisation. La Fedom avait dénoncé le blocage d'environ 200 millions d'euros d'aides à Bercy soit 600 millions d'euros d'investissement.
"Bercy était méfiant, nous les avons vus et maintenant tous les services vont recevoir des instructions" assurant que les dispositifs sont bien sécurisés au regard du droit européen, a affirmé la ministre.
"L'ensemble des aides au fonctionnement --TVA non remboursable, exonérations de charges, Crédit d'impôt renforcé, crédit innovation majoré, etc.- sont opérationnelles", a-t-elle insisté, et cela porte sur tous les secteurs dont ceux de l'énergie et des transports sur lesquels Bruxelles avait eu une réserve initiale.
La ministre a aussi mis fin "au suspense sur les aides à l'investissement", annonçant que le gouvernement avait "toutes les assurances de leur conformité au droit communautaire".
"Des consignes communes seront données à l'ensemble des services de l’Etat compétents pour que les aides soient effectivement engagées, et le soient dès à présent", a-t-elle dit, répondant aux suspicions de tenue de deux langages, l'un aux Outre-mer, l'autre à Bercy.
Autre point très attendu des entreprises: le devenir des aides, contenues dans la Loi pour le développement économique des outre-mer (Lodeom) qui structure les économies domiennes et qui échoit au 31 décembre 2017.
"Le gouvernement prendra une initiative dans le Projet de loi de finances 2016 pour prévenir toute difficulté", a affirmé Mme Pau-Langevin.
L'idée sera de permettre aux dossiers d'être déposés jusqu'à fin 2017, alors qu'actuellement, la rédaction de la loi implique que les projets aidés soient réalisés à la fin 2017. Si rien ne changeait, cela stopperait de fait tout projet dans le logement social ou de gros investissements productifs (machines) qui mettent, par nature, du temps à se concrétiser. 
Pour défendre la défiscalisation, quelle que soit sa forme, "nous devrons un jour en démontrer l'utilité" et "pour en garantir la pérennité, il nous faudra montrer qu'elle ne demeure pas +sans contreparties+", a souligné Mme Pau-Langevin devant des dizaines de chefs d'entreprises.
Ainsi dans chaque DOM, les préfets sont chargés d'animer une "concertation" pour déboucher "avant l'été sur des engagements volontaristes, ambitieux" qui devront "prioritairement concerner l'emploi, notamment celui des jeunes, mais aussi la formation professionnelle", a-t-elle annoncé, espérant pouvoir compter sur la "mobilisation" des entreprises.
Jean-Pierre Philibert, président de la Fedom tout juste réélu à l'unanimité pour un nouveau mandat de trois ans, a accueilli positivement ces annonces tout en attendant d'en voir la concrétisation.
sla/cgd/fm


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 Note n°325 - L'économie de La Réunion en 2014
«Une embellie en 2014, mais déjà un haut de cycle ?»
 
 
 Note n°326 - L'économie de Mayotte en 2014
«Une situation économique fragile aux évolutions irrégulières»
 
 
 Note n°327 - L'économie de St-Pierre-et-Miquelon en 2014
«Les principaux indicateurs sont en amélioration sensible»
 
 
 Note n°323 - L'économie de la Guyane en 2014
«Des signes de fragilité»
 

 Note n°324 - L'économie de la Martinique en 2014
«Quelques signes d'amélioration contrariés en fin d'année»
 
 
 Note n°322 - L'économie de la Guadeloupe en 2014
«Une économie au ralenti»
 

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