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L' actualité politique par BRUNO MINAS - 23 juin 2017

Projet de loi antiterroriste au Conseil des ministres, le président Macron à Bruxelles, les tractations au parlement voire même au sénat après le raz-de-marée de La République en Marche, Bruno Minas nous donne les clés pour comprendre.

Assemblée nationale à Paris
Assemblée nationale à Paris
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a présenté hier en conseil des ministres le projet de loi anti-terroriste.

Concilier efficacité avec le respect des libertés publiques essentielles." Voici comment le gouvernement résume son projet de loi de lutte contre le terrorisme, dont le but est de sortir de l’état d’urgence tout en incluant une partie du dispositif dans la loi ordinaire. la "solution" pour éviter "une prolongation perpétuelle de l'état d'urgence" - en vigueur depuis le 14 novembre 2015 et prolongé jeudi jusqu'au 1er novembre 2017

Défenseurs des libertés publiques et magistrats sont pour la plupart contre cette loi. Car si la plupart des mesures envisagées sont moins restrictives que celles prévues dans le cadre de l'état d'urgence, elles impliquent de transposer dans la loi ordinaire – et donc de manière permanente – des mesures d'exception. Le gouvernement a toutefois amendé son texte, après les critiques formulées par le Conseil d'Etat. Par exemple les perquisitions devront être ordonnées par un juge des libertés et de la détention.

 

 

Le président Macron est à Bruxelles. Il participe depuis hier à un conseil européen.

A Bruxelles, Emmanuel Macron affiche ses ambitions. Il veut lancer une politique commune de lutte contre le terrorisme et de défense, instituer un budget et un ministre des Finances de la Zone euro, renforcer les frontières extérieures de l’Union, et protéger l’économie européenne par un peu plus de contrôle des investissements extérieurs,… Emmanuel Macron veut compter sur le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel. Lors d’une conférence de presse hier soir il a dit que certains de ces sujets allaient avancer vite, notamment la défense commune Ce sommet de Bruxelles se termine aujourd’hui.

 

 

Olivier Faure a été réélu jeudi président du groupe PS de la nouvelle Assemblée nationale,

Il l’a emporté très largement sur l'autre candidate, l'ancienne ministre de l'Environnement Delphine Batho, et redevient ainsi le président d'un groupe qui ne compte actuellement plus que 31 députés ; et encore on n’est plus très sûr que ce nombre se maintienne.

Lors d’une première réunion de groupe mardi, il a exprimé sa préférence pour l'abstention lors du vote de confiance au gouvernement d'Edouard Philippe la semaine prochaine. Sur ce vote, le groupe semble pour l'instant divisé entre ceux qui veulent l'abstention, ou bien soutenir Macron, ou voter contre.

 

 

Du côté des députés socialistes on s’attend à des défections imminentes.

 

Cela ne saurait tarder. Par exemple on sait déjà que la député socialiste de Mayotte Ramlati Ali n’a pas du tout l’intention de rejoindre les rangs du PS. Elle a clairement annoncé la couleur avant de partir, elle sera sur les bancs de la République en Marche.

On s’attend à la même attitude de la part de l’ancienne ministre des outremers Erika Bareigts, réélue haut la main à la Réunion. Elle aussi devrait rejoindre les rands de la République en Marche.

Elles ne sont pas les seules ; c’est pour cela que ce chiffre de 31 députés socialistes reste très théorique ; le PS peut encore se réduire comme une peau de chagrin.

 

 

 

La prochaine conquête d’Emmanuel Macron, après avoir réalisé un raz de marée à l’Assemblée, c’est de trouver aussi une majorité au sénat

 

Et là il ne veut même pas attendre les élections sénatoriales de septembre qui renouvelleront le chambre haute pour moitié. Le président de la République a chargé le sénateur de Côte-d’Or et fidèle de la première heure, François Patriat, de fédérer un groupe LRM conséquent. L’exécutif veut aller vite et souhaite la constitution de ce groupe dès les prochains jours, tablant sur une soixantaine de sénateurs.

François Patriat l a envoyé un courriel à l’ensemble des élus du Sénat potentiellement « macroncompatibles » pour leur annoncer la création du futur groupe et leur proposer d’y adhérer. « Les défis rencontrés par le pays nous imposent de construire des majorités parlementaires fortes et stables, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat », écrit M. Patriat dans son courrier électronique.

La plus forte réserve potentielle d’élus pour LRM se situe chez les socialistes. Il y en a 111 au sénat. Mais tous ne vont pas se laisser embarquer. Par exemple Marie Noelle Lienemann qui est une voix forte de la gauche du PS a déjà prévenu : « Le PS doit être clair, il doit être dans une opposition sans faille au gouvernement et ne peut pas laisser son groupe au Sénat soutenir Macron et Edouard Philippe ». Une crise profonde se profile chez les parlementaires socialistes.

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