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APPEL A FAIRE BARRAGE AU FRONT NATIONAL (La France des Outre-mer)

Préoccupés par la percée électorale de Marine Le Pen, les ultramarins vivant en France hexagonale interpellent leurs  compatriotes sur le danger que représente, pour l’Outre-mer, l’élection de Madame Le Pen à la présidence de la République.

  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le

Des Antillais, des Guyanais, des Mahorais et des Réunionnais du 6e DOM disent NON
à Marine Le Pen !


« C’est par la différence et dans le divers que s’exalte l’Existence. Le divers décroît. C’est là le grand danger. » V. Segalen 









 " Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, le Front national rassemble le plus de voix dans l’ensemble des territoires ultramarins. En Guadeloupe, Guyane, Martinique et à la Réunion, Marine Le Pen double son score du 1e tour en 2012 et pulvérise celui qu’elle avait obtenu à Mayotte (27,3 contre 2,8).

Chômage, insécurité, immigration


Sa percée électorale, indéniable en Outre-mer, repose en grande partie sur les échecs des gouvernements successifs à endiguer le chômage, et à lutter contre l’insécurité et l’immigration clandestine massive. En Guyane et à Mayotte où 35 à 50% des habitants sont des étrangers, les électeurs, jusque-là rétifs aux thèses du Front national, se sont laissés convaincre par les propositions de la candidate frontiste pour stopper l’immigration et renforcer la sécurité sur leur territoire où la criminalité est bien plus élevée qu’en métropole.

Préoccupés par la percée électorale de Marine Le Pen, nous, signataires de cet appel, Antillais, Guyanais, Mahorais et Réunionnais, vivant en France hexagonale, avons souhaité interpeller nos compatriotes sur le danger que représente pour l’Outre-mer, l’élection de Madame Le Pen à la présidence de la République.

Outre le désastre économique annoncé par la sortie de la France de l’Union européenne et le retour au Franc, le danger d’attiser des haines entre communautés et de les voir s’affronter est bien réel.

En matière d’immigration, croire un seul instant que la candidate frontiste mettra de l’ordre dans nos territoires, c’est ignorer l’intentionnalité de ses mesures. Pour le Front national, combattre l’immigration, c’est préserver avant tout « la pureté » de l’identité française, menacée par le multiculturalisme inhérent à l’installation d’étrangers dans un pays.
La mesure phare des frontistes, la préférence ou priorité nationale, visant à stopper les flux migratoires en durcissant les conditions de vie des étrangers en France, exclut les immigrés en situation régulière des droits auxquels ils peuvent prétendre. Ainsi, priorité est faite aux Français dans l’octroi d’aides sociales, d’accès au logement et aux soins.
Véritable machine à diviser, la priorité nationale est une mesure stigmatisante, discriminante, et inégalitaire, qui fait le lit du racisme. Laisser le soin au FN de régler les crises migratoires en Outre-mer, c’est exposer les territoires concernés, aux haines et affrontements intercommunautaires qu’accentuera nécessairement cette priorité nationale.

Sur le plan identitaire, voter Le Pen, c’est valider une politique d’assimilation rétrograde et prendre le risque de ne plus pouvoir valoriser le muticulturalisme des sociétés créoles.

Voter Le Pen, c’est aussi exposer les commémorations de l’abolition de l’esclavage et d’hommage aux victimes, au refus arbitraire de les célébrer. Souvenons-nous de Villers-Cotterêts (Aisne) où le nouveau maire frontiste, Franck Briffault, a refusé d’organiser la commémoration de l’abolition de l’esclavage, sous prétexte qu’elle générait « une autoculpabilisation permanente ».
Cette décision, prise dans la ville où est mort le Général Dumas, né d’une mère esclave de Saint-Domingue et de l’écrivain Alexandre Dumas, ne fut pas condamnée par la direction du Front national.

Enfin, voter Le Pen, c’est donner quitus à un parti d’extrême droite dont certains de ses dirigeants et membres, ont milité activement au sein de groupuscules néofascistes et violents, tels que le GUD (groupe d’union défense). En pleine stratégie de dédiabolisation, comment expliquer que le FN n’ait pas renié ces individus aux parcours infamants ?

Est-il possible d’être un parti républicain quand bon nombre de ses membres, dirigeants et actifs, sont porteurs d’une idéologie fasciste, raciste, antisémite et négationniste ?











Quoiqu’en dise Marine Le Pen, elle dirige bien un parti d’extrême droite ancré dans une idéologie inégalitaire, excluante et discriminante. Ne soyons pas dupes ! La dédiabolisation n’est en fait qu’une dissimulation de faits ou propos gênants. Les thèses frontistes sont adoucies et mises au goût de l’électorat que le Front national veut convaincre. C’est ainsi que la notion de préférence nationale, sujette à la polémique, a été remplacée par celle de « priorité », plus correcte politiquement. Mais qu’importe la notion retenue, le résultat reste le même : mettre dos à dos des habitants vivant sur un même territoire ! Parce que certains d’entre nous portent en eux une histoire où l’idéologie raciste est responsable de la mise en esclavage de leurs aïeux;

Parce que nous créolisons le monde à l’infini, et sommes aptes à fabriquer des vivre-ensemble apaisés; Nous sommes l’antithèse des Frontistes ! Nous, signataires de cet appel, affirmons rejeter en bloc les thèses du Front national, le programme de leur candidate et la candidate elle-même dont nous n’avons que faire de l’affection qu’elle prétend porter à l’Outre-mer. Sa danse du ventre pour nous séduire est grossière. Un peu de décence, Madame !

Aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes Césaire et Glissant. Nous sommes une Identité ancrée dans une histoire, une identité en perpétuel mouvement, ouverte au monde et aux déplacements de populations.

Nous, signataires de cet appel, appelons nos compatriotes, originaires des DOM, à faire barrage à Marine Le Pen en votant Emmanuel Macron.









Gardons-nous de nous abstenir car la forte abstention en Outre-mer a été profitable à la candidate frontiste.

La responsabilité d’Emmanuel Macron envers l’Outre-mer est considérable! Il devra s’atteler avec détermination au redressement économique et social des territoires ultramarins, en appliquant la loi égalité réelle voulue par les élus et la société civile.

C’est en rattrapant les retards économiques et sociaux en Outre-mer qu’EMMANUEL  MACRON sera à même de stopper la montée du Front national dans nos territoires. Nous saurons lui rappeler sa responsabilité !

 LES SIGNATAIRES : 

Viviane ROMANA, conseillère régionale d’Ile-de-France
Jean-Michel MARTIAL, comédien et président du CREFOM
Daniel DALIN, président du Collectif DOM
Pierre KANUTY, conseiller régional d’Ile-de-France
Max DUBOIS, délégué outre-mer d’En Marche
Lydia JEAN, adjointe au maire de Villiers-le-Bel
Serge ROMANA, professeur de médecine
Eric JALTA, syndicaliste FO
José ALTHEY, délégué du CREFOM en Seine-Saint-Denis
Chantal LOIAL, chorégraphe interprète, directrice de la compagnie Difé kako
Greg GERMAIN, acteur, réalisateur, président de l’agence de promotion et de diffusion des cultures de l’Outre-mer
. • Mariann MATHEUS, artiste-interpèle
George PAU-LANGEVIN, ancienne ministre de l’Outre-mer et députée
Daniel CARCEL, directeur de l’agence de promotion et de diffusion des cultures de l’Outre-mer
Jean-Claude CADENET, ancien délégué général à l’Outre-mer à la mairie de Paris, ancien directeur général de LADOM
Marijosé ALIE-MONTHIEUX, journaliste, artiste, écrivain
Jacqueline PAVILLA, première adjointe au maire de Saint-Denis
Cécile RANGUIN, adjointe au maire de Saint-Denis
Pierre ARCHIMEDE, conseiller municipal de Gagny, conseiller territorial
 • Clarine TRANCHANT-ROMANA, présidente du CAFAM
GORDIEN Emmanuel, médecin, virologiste
Marie-Danielle BONBOIS, retraitée
Rosalie LAMIN, conseillère d’arrondissement déléguée (Paris 11e)
Charles NABAL, adjoint au maire à Bondy
Manuel ALLAMELOU, conseiller municipal de Clichy
Firmine RICHARD, comédienne et conseillère d’arrondissement déléguée (Paris 20e)
Ingrid MAISONNEUVE, chef d’entreprise
Marie-ANGE DOSSOU, adjointe au maire à Tremblay-en-France
Aïssatou THIAM, comédienne
Eric Luc ODRI, président du CROMVO
Marie-Michelle PHOJO, adjointe au maire à Romainville
José PENTOSCROPE, président du CIFORDOM
Jacob DESVARIEUX, musicien et chanteur de KASSAV
Migail MONTLOUIS-FELICITE, photographe et rédactrice
Nassufdine MOHAMED, président du COMADEP, COmité MAyotte DEPartement
Moussy IBRAHIM, membre du bureau de l’AFAPOM, association des fonctionnaires mahorais
Issouf SAINDOU, président de la FAMM, fédération des associations mahoraises de Métropole
Ahmadi BACO, président de MRAMA, association majorais de Marseille
Ousseni TOUMBOU, président de l’AMIF, association des Mahorais d’Ile-deFrance
Jacques AMBROSIO, président d’ACCOLADE
Eric MORADEL, gérant de société, ancien maire adjoint de Sarcelles
Frédéric REGENT, ancien secrétaire général de la FSU Guadeloupe
Jocelyne BEROARD, artiste


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