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Attentat de Nice : des Mahorais témoignent

Nice compte une importante communauté mahoraise et comorienne. Parmi eux, un étudiant originaire de Mayotte Aleas Abdallah qui venait voir avec des amis le feu d’artifice sur la plage. Il a vu le camion blanc foncer dans la foule. Jah Manzil et Bihaki Attoumani témoignent également.

  • Par Chamsudine Ali
  • Publié le , mis à jour le
"Je suis installé depuis 4 ans à Nice, explique Aleas Abdallah, étudiant en BTS. J’aime cette ville. Et comme souvent je suis allée sur la plage ce 14 juillet pour voir le feu d’artifice, juste en face du Negresco, le grand hôtel. J’étais avec une amie, originaire d’Anjouan, son frère et sa sœur. On était bien.

Après nous sommes montés pour aller écouter la musique, voir l’ambiance, quand tout à coup, nous avons vu des touristes courir. Nous avons tourné la tête et là, il y avait un camion qui roulait très vite. On ne comprenait pas. Le camion est monté sur le trottoir et il écrasait volontairement toutes les personnes devant lui"
.

"Tellements de morts"

"Tout était bloqué par la police. Nous avons été obligés de repasser devant la scène de l’attaque mortelle. Il y avait des gens écrasés, des cadavres, c’était horrible. Les gens couraient de partout. Il y avait tellement de morts devant nous, une soixantaine au moins". Aleas Abdallah poursuit son récit, ému : "J’ai fini par rentrer chez moi. Je n’ai pas réussi à dormir. J’ai repensé à tous ces cadavres. J’ai fini par trouver le sommeil à 8 heures du matin".

Refuge au Hard Rock café

Jah Manzil, 23 ans est cuisinier au Hard Rock Café de Nice. Il n’a pas assisté à ce terrible attentat, mais de son restaurant il a vécu l’enfer. "Je suis cuisinier, j’étais en plein service. Je vois tous les clients entrer dans ma cuisine. Ils me disent qu’il y a un attentat dehors. On entendait des bruits de tirs, mais on pensait qu’il s’agissait du feu d’artifice. Mon restaurant se trouve à deux minutes à pied de l’endroit où tout s’est déroulé. Beaucoup d’enfants étaient en pleurs dans ma cuisine, j’étais choqué", avoue Jah Manzil.

"Le patron a décidé de garder tous les clients. A deux heures du matin, la police est venue nous dire de sortir. Une amie du restaurant nous a téléphoné. Elle nous a dit que son beau-frère était mort. On n’arrêtait pas d’essayer de joindre tous nos amis. On appelait tout le monde. Aujourd’hui le restaurant est fermé et je ne suis pas prêt d’oublier cette horrible nuit".

Quartier de Saint-Sylvestre

Bihaki Attoumani n’était pas non plus sur les lieux au moment de l’attentat. Mais pour ce président du club de football mahorais, cette tragédie n’est malheureusement pas si surprenante. "Beaucoup de jeunes niçois sont attirés par le djihadisme. Dans mon quartier, beaucoup sont partis en Syrie. Le conducteur du camion, c’est un ancien amateur de football. Il jouait au club du quartier de saint Sylvestre. Je ne l’ai pas connu, mais entre footballeurs, on parle beaucoup sur facebook au lendemain de cet attentat. D'après mes amis, ce jeune qui a commis cet attentat avait arrêté le football, il était devenu intégriste".
 
Un témoin mahorais affirme avoir entendu des coups de feu place Massena

Aleas Abdallah est formel : "On était à 10 mètres de la scène de l'attentat, on entendait des coups de feu. Nous sommes partis tous les quatre vers le centre-ville, vers la place Massena. On entendait d’autres coups de feu. Il y avait d’un côté la police qui tirait, mais aussi une autre personne en centre-ville. Peut-être un complice ?".

Selon les autorités, il y avait un seul terroriste dans le camion dont on connaît désormais l'identité. Il s'agit de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, né le 31 janvier 1985 à Msaken dans la banlieue de Sousse en Tunisie et il n'y aurait pas eu de tirs ailleurs que sur la Promenade des Anglais. 

Par Cécile Baquey


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