« Comoriens, Anjouanais, Mahorais… Il faut dépasser ce genre de raisonnement »

zakweli
Daidine Allaloui et Chahine Mohamed
Daidine Allaloui et Chahine Mohamed ©Mayotte la 1ere
Daidine Allaloui et Chahine Mohamed, responsables d’associations comoriennes à Mayotte, étaient les invités de Zakweli ce vendredi.

« Si le bateau coule, c’est nous tous qui coulons ! » prévient Daidine Allaloui, de son côté Chahine Mohamed déclare : « certes les chiffres montrent que parmi les jeunes qui commettent des délits une majorité vient d’Anjouan ou sont d’origine anjouanaise, mais cela nous avance à quoi de cataloguer les gens ainsi ? Comoriens, Anjouanais, Mahorais… Il faut dépasser ce genre de raisonnement. Cela n’aboutit qu’à de la discrimination et de la ségrégation ».

« Nous, originaires d’Anjouan, sommes aussi victimes de cette violence. 90% des Comoriens qui vivent ici ne foutent pas le bordel à Mayotte. Et parmi les parents démissionnaires il y a aussi des mahorais». « Nos associations essaient aussi de faire du soutien scolaire, nous menons des actions de lutte contre la pollution.

Nous devons penser à toutes ces personnes qui vivent dans des bidonvilles et dans l’économie informelle. La réponse n’est pas que la répression, il faut une réponse économique ».

Ces deux responsables d’associations anjouanaises se déclarent d’accord avec l’idée de retirer les cartes de séjour et reconduire les parents délinquants avec leurs enfants.

Tous deux confirment, enfin, qu’à Anjouan cela ne se passe pas de la même manière : « Ce que ces jeunes font à Mayotte, ils ne se le permettent pas là-bas car la police réagit violemment. Le village ne laisse jamais faire, ils seraient châtiés. Ici on développe plus l’aspect éducatif ».

Daidine Allaloui et Chahine Mohamed dans Zakweli