Coronavirus : la situation sanitaire s’aggrave à Mayotte, les renforts sanitaires militaires sont déjà à pied d’œuvre

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Déploiement d'une équipe de soignants militaires et du matériel de réanimation du ministère des Armées
Déploiement d'une équipe de soignants militaires et du matériel de réanimation du ministère des Armées ©Ministère des Armées

Le contexte sanitaire se dégrade très rapidement sur l’ensemble de l'île. Pour épauler les équipes qui sont mobilisées depuis plusieurs semaines, des renforts sanitaires militaires ont été envoyés et ils sont déjà à pied d’œuvre.

Ces renforts ont intégré le centre hospitalier de Mayotte ; cinq lits de réanimation supplémentaires fonctionnent simultanément grâce au matériel complet déployé par les militaires. Ce renfort est en fait une équipe mixte du service de santé des armées et de l’armée de Terre ; composée d’une trentaine de militaires. Dans leurs bagages, plus d’une tonne de fret, essentiellement du matériel médical et de réanimation. Ces renforts ont été décidés par le gouvernement pour venir appuyer les équipes sur place.

Les militaires qui viennent s’ajouter aux membres de la réserve sanitaire déjà sur l’île depuis le week-end dernier. Il s’agit cette fois-ci d’une vingtaine de personnes essentiellement des infirmières et des infirmières anesthésistes.

Des renforts qui ne sont pas de trop pour faire face à une situation sanitaire hors de contrôle. Il y a en effet de plus en plus de cas. Selon les derniers chiffres de l’agence régionale de santé, un nouveau décès est à déplorer, ce qui porte à 65 le nombre total de décès lié au coronavirus à Mayotte depuis le début de la crise Covid. Sur une semaine (du 30 janvier au 5 février) plus de 2.231 nouveaux cas ont été enregistrés, pour un total de 11.147. Quand au nombre d’hospitalisations, il ne cesse d’augmenter; 101 personnes sont actuellement au CHM dont 19 en réanimation et 41 aux urgences. Le taux d’incidence a bondi à 798,3 pour 100.000 habitants et 24,6 % de positivité.

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Pour les autorités sanitaires à Mayotte, la dégradation de la situation s’est accélérée ces derniers jours.

« 1 test sur 3 fait à l’hôpital est positif. Et parmi une population ordinaire, on trouve 10% de personnes positives »,

explique Dominique Voynet, directrice de l’agence régionale de santé Mayotte. Et les enfants de moins de 15 ans sont de plus en plus touchés. Autant dire que le virus circule partout et dans tous les villages. Avant de voir les effets du confinement, la situation va encore se dégrader dans les jours à venir souligne Dominique Voynet.

Face à ce flux de malades, tous les lits sont occupés par des malades Covid, que ce soit en réanimation ou en médecine ; une tension hospitalière qui susbsiste malgré les évacuations sanitaires opérées vers La Réunion pour libérer des lits. Quid d’un hôpital de campagne; pour la directrice de l’ARS,

"ce n’est pas possible parce que toutes les conditions ne sont pas réunies pour une telle infrastructure ; il faudrait toute une logistique pour cet hôpital de campagne sans oublier que nous sommes en pleine saison de pluies".

 

Conséquence, les évacuations sanitaires vers la Réunion vont se poursuivre ; des évacuations sanitaires vers la métropole ne sont pas à exclure d’ici la semaine prochaine explique la directrice de l’ARS.

Sur le terrain, la campagne de vaccination contre la Covid-19 se poursuit à Mayotte dans le Nord, dans le Sud et dans le centre de l’île. Cette semaine, deux centres de vaccination fixes sont ouverts : l’un à Chirongui pour toutes les communes du Sud et l’autre à M’tsamboro pour les communes du Nord. En parallèle, les communes de Tsingoni et Sada accueilleront chacune un centre temporaire au cours de la semaine.

Première vaccination anti-Covid 19 à Mayotte
Les 195 flacons sont arrivés lundi matin avec une journée de retard. Ils permettront la vaccinations de 975 personnes au cours des prochains jours. ©Hachim Saïd Hachim

Les autorités sanitaires appellent la population à respecter le confinement en vigueur depuis la semaine dernière (vendredi 5 février). Mais force est de constater qu’il y a encore beaucoup de monde dehors, regrette Dominique Voynet, pour qui le premier confinement était mieux respecté que ce deuxième.