Faut-il croire les sondages ?

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Les politiciens font confiance aux sondages quand les chiffres sont bons, et les dénoncent quand ils sont mauvais. Les électeurs se posent souvent la question de la fiabilité des mesures d’intentions de vote. Elles ont été exactes en 2012 et 2017, mais cela n’a pas toujours été le cas par le passé.

Il ne s’agit pas d’y croire ou de ne pas y croire. Les sondages ne sont pas des prédictions ; ce sont des mesures de l’état de l‘opinion à l’instant T, aujourd’hui. Rien ne dit que cela ne peut pas changer demain.

C’est pour cela qu’il est intéressant de suivre ce que l’on appelle les « rollings », des mesures quotidiennes où on voit les candidats monter ou descendre chaque jour au gré des changements d’avis, ou des prises de décision des abstentionnistes. On demande tous les jours à un même échantillon de plus de 3000 électeurs de dire pour qui il voterait. En principe, plus on approche du jour du scrutin, plus le sondage est fiable.

Pourtant il y a déjà eu des erreurs monumentales dans les sondages, il y a des exemples célèbres

En 1995 les intentions de vote donnaient la qualification de Balladur pour le deuxième tour,  et  c’est Chirac qui l’a emporté. L’autre « erreur » majeure a été constatée lors de la présidentielle de 2002. Au départ, on avait affaire à un affrontement classique droite-gauche : à droite le président sortant RPR Jacques Chirac, à gauche le premier ministre socialiste Lionel Jospin.

Les autres candidatures étaient considérées comme marginales. Personne à l’époque ne pouvait  imaginer qu’il y ait un autre scénario qu’un duel Chirac – Jospin pour le deuxième tour. Et patatras, au soir du premier tour, le 21 avril 2002, le père de Marine, Jean-Marie le Pen, accédait au deuxième tour, Jospin était éliminé.

Lionel Jospin
Lionel Jospin ©France Culture

Aujourd’hui, on sait pourquoi cette erreur s’est produite

Les sondages ont déraillé parce que certains sondés avaient caché leur intention. A l’époque, les questions étaient posées par téléphone. L’adhésion aux idées du Front National était un tabou, peu de gens assumaient leur attirance pour l’extrême-droite.

Certains ont dit n’importe quoi à l’enquêteur, et sont allés ensuite glisser le bulletin le Pen dans le secret de l’isoloir. Aujourd’hui le sondé n’a pas de contact avec le sondeur, cela se passe par ordinateur dans l’anonymat. Les enquêteurs n’ont aucune idée de l’identité des personnes qui ont été sélectionnées pour faire partie de l’échantillon.

Le secret vaut presque autant que dans l’isoloir. Donc on considère que les sondages sont plus fiables… mais ils ne le seront jamais à 100%. Il y a toujours des électeurs qui arrivent dans le bureau de vote, et se décident à la dernière seconde.