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La Gauche, un épouvantail pour Mayotte ?

Hier soir se tenait le 3ème et dernier débat de la primaire de la gauche, des verts et des radicaux de gauche. Et ici à Mayotte la gauche en général et le parti socialiste en particulier, ne doivent plus constituer un épouvantail pour le département. L'édito d'Ismael Said Combo...

© lefigaro.fr
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  • Ismael Said Combo
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Au-delà des positions politiques des uns et des autres, c’est sur la forme et non sur le fond des débats, qu’il faut insister. Les deux primaires de Droite comme de Gauche constituent pour nous à Mayotte un cas d’école. Même si on le sait, pour la Droite française ce fut aussi un début. 

Un tel exercice de style en effet, ne peut que nous enrichir, c’est un mouvement progressiste et à ce titre, on n’y échappera pas nous aussi, ici à Mayotte.

Aucun mouvement progressiste n’a jamais échoué. Qu’on se le prenne pour dit messieurs les politiques. En son temps, cela viendra et cela est i-né-luc-table.

C’est une sorte de virus politique et, nous parions que la désignation d’un ou plusieurs candidats par une primaire, va contaminer tout le monde. Incessamment sous peu. Et tant mieux ! J’allai dire tant mieux pour la démocratie !!

C’est plutôt rassurant parce que cela démontre bien, pour ceux qui ne sont pas encore convaincus, que rien ne pourra être imposé aux mahorais sans les avoir consulté.

Ce qui nous donne la liberté ici de penser que la Gauche en général et le parti socialiste en particulier, ne doivent plus constituer un épouvantail pour Mayotte.


Cette peur de la Gauche par les mahorais est née de la position que celle-ci avait adoptée dans les années 70, en refusant d’écarter l’Hippocampe de l’ensemble administratif comorien. Une réticence qui l’avait amené à introduire un recours au Conseil d’Etat… recours qui s’est vu rejeté au nom du sacro-saint « droit du peuple à disposer de lui même ».

Ce qui devait d’ailleurs réorienter les débats sur la différence entre PEUPLE et POPULATION !! Mais bon. La réticence était bien là, et, aussi paradoxal que cela puisse être, ce fut le vote massif des mahorais en faveur de François Mitterand en 1981 que la position de la Gauche, notamment celle des socialistes allait évoluer dans le sens du maintien de Mayotte dans le giron français.


Les visites ministérielles deviendront alors fréquentes, de même que les engagements des différents gouvernements socialistes en faveurs du développement de Mayotte, dans une logique de rattrapage économique et social d’abord.


L’on se souvient du fameux « Katiba » concocté par les socialistes et qui devait faire de Mayotte une collectivité départementale…

Néanmoins, quelques socialistes de poids, dont l’idéologie était restée têtue, refusaient toujours le choix politique de Mayotte et continuaient à grincer des dents.

Certains comme Michel Rocard se confiant à un journaliste comorien, soutenait qu’au regard du droit international, l’administration française à Mayotte était illégale. Et puis, Yves Bonnet préfet de Mayotte entre janvier et novembre 1982, nommé ensuite par François Mitterrand Directeur de la Direction de la surveillance du territoire (la DST) n’est-ce pas, entre 1982 et 1985, allait écrire un livre dans lequel il faisait dire à Pierre Mauroy alors 1er ministre, qu’il lui avait confié une mission d’expliquer aux mahorais qu’ils n’allaient jamais devenir français.


Voila en gros ce qui explique la crainte des mahorais vis-à-vis de la Gauche, donc des socialistes, malgré tous les engagements de ces derniers en faveur du développement de leur pays. Mais, en toute objectivité, cette crainte n’est plus justifiée de nos jours grâce aux verrous démocratiques détaillés plus haut.

 

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