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Indice de sous-développement humain

L’argent, celui du PIB/habitant, ne fait pas le bonheur à lui tout seul !

  • Mahamoud Azihary
  • Publié le , mis à jour le
D’abord, on a mesuré la richesse moyenne d’un pays par son PIB/habitant. Ensuite on s’est intéressé à l’Indice de Développement Humain pour mesurer l’épanouissement de l’être humain en ajoutant au PIB/habitant le niveau d’éducation et l’espérance de vie à la naissance. Etre en bonne santé pour avoir la chance de vivre longtemps, être éduqué pour trouver un bon travail et accéder plus facilement à la culture, et avoir un certain pouvoir d’achat pour satisfaire ses besoins et ses hobbys, voilà qui devrait suffire à l’être humain.
Mais, depuis plusieurs années maintenant, le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) s’intéresse à d’autres indices du développement humain, appelés les perceptions de bien-être et mesurés à partir d’enquêtes portant sur :

  • - Les niveaux de satisfaction concernant l’enseignement, les soins et le coût de la vie.
  • - Le niveau de sécurité et le niveau de liberté.
  • - Le niveau de satisfaction par rapport au marché du travail et l’inclusion dans la production et dans le développement.
  • - Le niveau de confiance dans le gouvernement, dans l’environnement ou encore dans la justice.
Et de ces enquêtes, on n’est peut-être pas étonné de voir Singapour arborer un niveau de bien-être de sa population loin au-dessus de celui de la France, mais on peut s’étonner de voir que des pays comme l’île Maurice ou le Sri Lanka ont des niveaux de bien-être de leurs populations comparables à, sinon meilleurs que, celui de la France.
Et si nous répondions à cette enquête à Mayotte en donnant une note de 0 à 10 aux questions suivantes ?
Quel est notre niveau de satisfaction par rapport à la qualité de l’éducation ? A l’accès aux soins ? Au coût de la vie ? A la qualité des produits que nous consommons, dont nous équipons nos maisons ou que nous utilisons en construction ?
Quel est notre niveau de satisfaction par rapport à notre sécurité physique et à la sécurité de nos biens ? Par rapport à notre liberté de choix (pour voyager par exemple) ?
Quel est notre niveau de satisfaction par rapport aux routes ? A l’eau ? Aux infrastructures sportives (terrains de foot, de basket, …) ? Aux infrastructures culturelles (salles de spectacle, salles de conférence, aires d’exposition, …) ?
Quel est notre niveau de satisfaction par rapport à l’accès aux administrations publiques ?
Avons-nous confiance à notre gouvernement ? A notre police ? A notre justice ?
Les réponses à ces questions, que je n’ai aucun mal à deviner, donneraient les indices de notre bien-être ou plutôt de notre mal-être. Ces réponses constitueraient alors nos indices de sous-développement humain, devenu chronique. Mais elles nous offriraient aussi des pistes pour travailler au bien-être des Mahorais au moment où le monde parle de développement inclusif, de modernité, d’excellence et d’harmonie.

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