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Investir dans l'humain

Le 5 octobre dernier, Jim KIM, le président de la Banque Mondiale, était l’invité de la prestigieuse Université Columbia de New York, pour une conférence intitulée « Construire de nouvelles fondations pour la solidarité humaine ».

  • Mahamoud Azihary
  • Publié le , mis à jour le
En écoutant ce médecin et anthropologue choisi par Barack Obama pour diriger cette importante institution internationale, on se rend compte combien un homme peut peser positivement sur la destinée de millions d’autres êtres humains.
Le président de la Banque Mondiale a d’abord pris l’exemple de la Corée dont ses parents sont originaires, et a cité cet extrait d’un rapport de la Banque Mondiale daté du 5 février 1962 : « Il serait difficile pour la Corée, sans aide extérieure, d’offrir à sa population plus que le strict minimum pour vivre ». Et d’expliquer ensuite comment la Corée du Sud a fait pour figurer, vingt ans plus tard, parmi les 4 Dragons d’Asie ayant connu un taux de croissance et un rythme de développement fulgurants, dont le principal moteur fut le capital humain.
Ainsi, durant les décennies suivant le succès des pays à fortes croissances économiques, toute une théorie économique est née à partir de l’expérience de ces pays, appelée « théorie du capital humain » ou « théorie de la croissance endogène ». Aujourd’hui, les études montrent clairement que dans les pays à hauts revenus, le capital humain est à l’origine de 2/3 de la richesse/tête.
Ensuite, le président de la Banque Mondiale évoque les aspirations des populations, notamment de la jeunesse, poussées vers le haut par le fait que le développement du numérique permet de voir comment vivent les autres à travers la planète. Et il relève que les frustrations, les conflits et les violences naissent de l’écart entre ces aspirations et les opportunités offertes pour les satisfaire, en citant comme exemple les « printemps arabes ».
A écouter le président de la Banque Mondiale, la solution repose sur l’investissement dans l’humain, en particulier dans le capital humain. Concrètement, il s’agit d’élever le niveau des connaissances des personnes pour les rendre efficaces non seulement dans la production de richesses, mais aussi dans l’organisation des relations et des solidarités humaines.
A bien y regarder, à Mayotte, nous pourrions nous inspirer du projet lancé par le Dr KIM appelé « Human Capital Project » pour résoudre nombre de nos problèmes parce qu’investir dans l’humain est la voie pour parvenir à l’excellence et à l’harmonie.
C’est parce que dans le passé, nous n’avons pas investi dans l’humain que Mayotte manque de médecins, d’enseignants, d’ingénieurs, de dirigeants d’entreprises, de techniciens. Et c’est parce que nous n’avons pas assez investi dans l’humain que nous ne savons pas résoudre les problèmes de la violence urbaine, des embouteillages, de l’accès aux administrations, des infrastructures culturelles et sportives, pour alléger les frustrations accumulées et qui continuent de s’accumuler dangereusement.



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