Opération de la gendarmerie à Koungou : 48 étrangers en situation irrégulière interpellés à la mi-journée

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Opération gendarmes Koungou Karo Boina Jamaïque
Les gendarmes ont fait une démonstration de force ce matin à Koungou. La population et le maire souhaitent qu'ils restent le plus longtemps possible pour sécuriser le village. ©Ibrahim Yahaya

La gendarmerie a investi avec un fort effectif le village de Koungou. Objectif : interpeller les auteurs des violences du week-end passé et les étrangers en situation irrégulière du bidonville de la Jamaïque.

Dans le quartier Karo Boina sur les hauteurs de Koungou, c'est la peur qui domine. Après les incidents violents du week-end, une grande majorité des habitants a fui. Des logements ont été incendiés, des maisons pillées et vandalisées, des habitants violentés. Un cauchemar qu'ils ne veulent plus revivre.


Ces violences ont été déclenchées après une vague d'interpellations jeudi par les forces de l'ordre. Celles-ci préparent la démolition de 200 cases en tôle prévue le 10 mars. Mais des habitants de ce bidonville surnommé Jamaïque ne veulent pas que l'opération se fasse et ont donc réagi avec violence. Et après cela, ils ont menacé de tout brûler à Koungou si l'opération de la préfecture allait à son terme.

Opération interpellation étrangers et voyous Koungou par les gendarmes
Des gendarmes sur les toits pour sécuriser le quartier Karo Boina. ©Ibrahim Yahaya

Ces menaces ont choqué à Koungou. Et les habitants ont non seulement promis de ne pas se laisser faire, mais ils ont interpellé le préfet pour que la puissance de l'Etat s'impose aux "voyous". Ils ont été entendus, puisque ce matin, un nombre important de gendarmes dont le GIGN ont investi les hauteurs de Koungou et quadriller le quartier Karo Boina et le bidonville de la Jamaïque.

L'hélicoptère de la gendarmerie en renfort

Avec l'aide de leur hélicoptère, les gendarmes ont eu pour stratégie de maîtriser les points culminants du village, là où se cachent les présumés fauteurs de trouble du week-end. Mais l'opération avait aussi pour objectif d'interpeller les étrangers en situation irrégulière (ESI) du quartier. Et sur ce plan, la matinée a été plutôt bonne : 48 ESI interpellés a confirmé dans le 13 h d'aujourd'hui, le maire de Koungou Assani Saïndou Bamcolo. Par contre, pas d'information pour savoir si parmi eux figurent des auteurs des violences de ce week-end, la préfecture n'ayant pas communiqué à ce sujet à cette heure-ci.

Opération interpellation étrangers et voyous Koungou par les gendarmes
L'hélicoptère de la gendarmerie survole Koungou pour aider les hommes au sol à interpeller les ESI ou les présumés auteurs des violences du week-end dernier. ©Ibrahim Yahaya


Reste à savoir jusqu'à quand les gendarmes resteront à Koungou. Le préfet de Mayotte a affiché sa fermeté pour faire valoir le droit. Mais les habitants eux redoutent le moment où les gendarmes s'en iront. Ils ont vu de quoi étaient capables les jeunes qui ont volé et détruit les logements SIM de Karo Boina. Ils souhaitent donc des garanties solides afin d'éventuellement retourner habiter à proximité du bidonville de la Jamaïque.