L'actualité régionale 2 Novembre

océan indien
Moroni
©Youssouf Ibrahim
COMORES

A la suite des attentats islamistes et l’affaire des caricatures, La vague anti-française dans les pays musulmans a gagné les Comores… mais elle s’exprime avec des nuances


Entre les caricaturistes et les terroristes, chacun a choisi sa cible, comme si on s’était partagé les tâches. Les chefs religieux se sont élevés contre les caricatures et le discours d’Emmanuel Macron sur l’Islam, alors que le gouvernement comorien, lui, exprime sa solidarité envers le président Macron et condamne le terrorisme. Les responsables du culte musulman, religion d’Etat, se sont exprimés ce week-end. Dans une déclaration devant la presse à Moroni l’alliance des Oulémas a condamné « les injures inacceptables du président français contre l’Islam et le prophète Muhammad ». Ils considèrent que «la position des autorités françaises porte atteinte à l’honneur et à l’image sacrée du prophète ». Auparavant, le président comorien avait signé un communiqué qualifiant l’attentat de Nice « d’acte ignoble qui a profondément ému le monde entier et endeuille la France» et « qui mérite une réponse appropriée ».
Vendredi on avait vu  apparaitre quelques banderoles anti-Macron, alors que la police avait renforcé la protection de l’ambassade française à Moroni.



MADAGASCAR

Les députés malgaches font une donation de 8 tonnes et demie de riz aux populations victimes de la famine. C’est une manière pour eux de se rattraper

Les élus de la nation ont fait une grosse faute de goût: ils ont organisé un banquet  somptueux pour célébrer la rentrée parlementaire. Facebook ne pardonne pas ; les images de ces députés en train de faire bonne chère ont circulé et des commentateurs se sont indignés de voir ainsi les responsables politiques s’empiffrer pendant que la population du sud meurt de faim. Les députés se sont donc cotisés pour remettre une cargaison de riz au Bureau de Gestion des Risques et des Catastrophes. Ces députés n’ont pas bonne presse en ce moment. Les organisations de la société civile leur demandent de se dépêcher de publier leur patrimoine, et leur reprochent leurs exigences de luxueux 4X4 et de confortables indemnités de retraite. Parallèlement« Tranparency International » lance une nouvelle campagne d’enquête sur la corruption. On s’interroge notamment sur l’utilisation des fonds octroyés pour lutter contre le Covid.





TANZANIE

Sans surprise, le président John Magufuli a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle. L’opposition rejette le résultat


84%, c’est un score jamais atteint depuis l’instauration du multipartisme dans le pays. Pour l’opposition, c’est surtout un niveau de fraude inégalé. La semaine dernière, le principal adversaire Tundu Lissu avait refusé par avance de reconnaitre le résultat et il appelle à des manifestations de « protestation pacifique » à partir de ce lundi, pour que l’on refasse ces élections. Plus grave, on déplore des disparitions suite à des arrestations depuis le jour du scrutin mercredi. On n’a plus de nouvelles de trente personnes sur le continent et sur l’île de Zanzibar où le jour du vote a été émaillé d’incidents. L’opposition craint que le président s’engage dans un processus pour changer la constitution qui limite à deux le nombre de mandats.




SEYCHELLES

Le nouveau président Wavel Ramkalawan veut renforcer la coopération régionale, notamment avec la Réunion



Le président Wavel Ramkalawan a commencé à exposer ses idées en matière d’affaires étrangères. Il veut d’abord étaler la dette, les Seychelles sont en mauvaise posture. L’épidémie de Covid – même si elle a épargné le pays - a ruiné le tourisme. Il veut plus de coopération avec Madagascar. Il donne des cas précis : quand on doit, par exemple, construire dans les îles de l’archipel parfois plus proches de Madagascar que de Mahé, il vaut mieux faire venir le bois de Madagascar. Il voudrait aussi le soutien des pays de la région en matière d’éducation. Il cite l’expertise de la Réunion pour l’apprentissage et la maitrise du français ; « pour donner de meilleures bases à nos étudiants ».
 
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